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Québec veut redorer le blason des forestières

Tournée mondiale pour rassurer les acheteurs sur le « caractère durable » des produits canadiens

Les fonctionnaires ont accumulé les kilomètres pour défendre Produits forestiers Résolu: New York, Denver, Atlanta, Londres, Amsterdam et Minneapolis. 
Coût: 20 000 $.
Photo D’archives, diane tremblay Les fonctionnaires ont accumulé les kilomètres pour défendre Produits forestiers Résolu: New York, Denver, Atlanta, Londres, Amsterdam et Minneapolis. Coût: 20 000 $.

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New York, Londres, Amsterdam: Québec réplique à Greenpeace avec une tournée mondiale pour laver sa réputation environnementale, a appris Le Journal.

Le ministère de la Forêt a envoyé son sous-ministre et une équipe de fonctionnaires de par le monde pour rassurer les clients des forestières comme Produits forestiers Résolu (PFR), échaudés par la publicité négative faite par les groupes écologistes, a appris Le Journal.

L’objectif de ces voyages est de «rassurer les acheteurs de papier sur le caractère durable des produits forestiers du Canada», selon des documents consultés.

«Il y a eu une campagne négative de certains organismes environnementaux auprès des acheteurs de produits. Ça a eu des effets majeurs sur les entreprises forestières québécoises. Le ministère a mis en place un plan de promotion», a expliqué Jacques Nadeau, porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

20 000 $ de dépenses

Le sous-ministre Richard Savard, le sous-ministre adjoint Ronald Brizard, le responsable de la recherche forestière Jean-Pierre Saucier et un spécialiste ont rencontré des entreprises à New York, Denver, Atlanta, Londres, Amsterdam et Minneapolis en 2014 et 2015. L’opération a coûté près de 20 000 $ aux contribuables.

«Le sous-ministre faisait des rencontres avec les entreprises qui en faisaient la demande. On ne faisait pas de la vente à pression», a expliqué M. Nadeau.

Le ministère de la Forêt a donc envoyé des émissaires pour «rectifier les faits» des campagnes de Greenpeace. «On parle de Greenpeace, oui, mais il y en a d’autres. D’autres groupes ont aussi fait des revendications», a-t-il ajouté.

« De manière responsable »

Le ministère souhaitait «expliquer le régime forestier, qui est respectueux, que le Québec protège la ressource et l’exploite de manière responsable».

Rappelons que Greenpeace, qui a lancé la campagne «Résolu ravage la forêt», accuse le géant forestier d’être responsable de la «destruction de territoires de la magnifique forêt boréale du Canada, endommageant dangereusement l’habitat du caribou forestier et prélevant du bois sans le consentement des Premières Nations affectées».

PFR a perdu sa certification environnementale Forest Stewardship Council (FSC) à la fin de l’année 2013. Greenpeace a ensuite fait pression sur les clients de l’entreprise pour qu’ils changent de fournisseur. De gros acheteurs comme le détaillant Best Buy ont alors largué l’entreprise.

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, et le premier ministre Couillard s’étaient portés à la défense de la forestière en mars dernier.