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Les CPE encore une fois attaqués abusivement!

Les CPE encore une fois attaqués abusivement!
Photo Reuters

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Nous y voilà encore une fois ! Des chercheurs canadiens arrivent à la conclusion que les  enfants québécois qui ont fréquenté des services de garde subventionnés risquent de présenter davantage de problèmes de criminalité et de santé comparativement aux autres enfants (Le Devoir de ce jour). Coïncidence pour le moins troublante, un de  ces chercheurs est conseiller auprès de Justin Trudeau qui, politique oblige, s’oppose à la proposition du NPD de financer un réseau de services de garde canadien inspiré par celui du Québec. L’occasion est  belle encore une fois de jeter le blâme sur le modèle des CPE québécois créés en 1997.  Cependant, la conclusion à laquelle aboutissent ces chercheurs est surprenante et abusive.

La conclusion est extrêment surprenante parce que toutes les études nord-américaines, sans exception,  arrivent exactement aux résultats inverses : la fréquentation de services de garde éducatifs de qualité comme ceux développés dans les CPE prévient la criminalité. Les économistes américains qui se sont penchés sur l’impact de ces services affirment, preuves à l’appui maintes fois répétées , que c’est précisément parce que beaucoup moins de ces enfants font plus tard l’objet d’arrestation pour délinquance ou crimes que l’on arrive à des gains  allant de 7 à 13 fois l’investissement dans ces services. Autrement dit, la fréquentation assidue de services de garde éducatifs de qualité aboutit à des économies substantielles pour les contribuables et c’est au chapitre des services correctionnels que ces économies sont les plus importantes. En passant, cela est moins le cas au Québec parce que nous faisons beaucoup moins usage des services correctionnels en comparaison aux USA. N’empêche que les gains sont encore substantiels : du 4 pour 1. Pour ce qui est de la santé, les données épidémiologiques québécoises montrent que les enfants qui fréquentent des garderies présentent plus de symptômes d’infections des voies respiratoires que les autres avant leur entrée à l’école, mais que l’inverse se produit durant les années du primaire, ces enfants ayant développé, on le comprend, des anticorps durant leur séjour en services de garde.

La conclusion est abusive aussi du fait que jamais les chercheurs n’ont pas été en mesure d’identifier quels types services de garde les enfants étudiés avaient fréquentés. En d’autres mots, les chercheurs mettent dans le même paquet les enfants qui ont fréquenté des services de garde subventionnés, que ce soit en CPE, dans les garderies commerciales subventionnées ou dans les services de garde familiaux. Or, les études québécoises démontrent clairement que les services de garde de qualité se retrouvent majoritairement dans les CPE lorsque comparés aux autres types de services. De plus, une étude montréalaise fait aussi clairement la démonstration que les enfants les plus vulnérables qui ont fréquenté un CPE sont 2,5 fois moins à risque de présenter un problème de maturité lorsqu’ils entre en maternelle que les enfants qui ont fréquenté les autres modes de garde. À ce sujet, les chercheurs canadiens, dont un est à la solde du PLC, confessent qu’il pourrait y avoir d’autres facteurs qui expliqueraient les résultats qu’ils ont obtenus, mais se montrent incapables de les nommer. 

Le Québec a investi massivement dans un système qui a fait ses preuves. Que des partis politiques présentement en rut électoral ne prisent pas ce modèle est une chose. Mais que l’on vienne mettre en doute des résultats de recherches robustes à partir d’une étude aussi bancale relève d’une stratégie condamnable. Et il ne faut pas compter sur le gouvernement Coiteux pour corriger les faits alors que le président du Conseil du trésor appuyé par une ministre de la Famille, trop contente de l’être, procède à une déconstruction massive du réseau des CPE.