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Jean Tremblay s’occuperait même de soupe populaire

L’homme politique pourrait tout aussi revenir sur la scène fédérale ou provinciale

Notaire de formation, Jean Tremblay avoue candidement que «c’est pas toujours drôle la politique. On a à faire face aux médias, un agenda pas toujours agréable.»
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère Notaire de formation, Jean Tremblay avoue candidement que «c’est pas toujours drôle la politique. On a à faire face aux médias, un agenda pas toujours agréable.»

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Les Saguenéens ont le goût du changement, estime Jean Tremblay, qui a causé la surprise cette semaine en annonçant que son cinquième mandat à la tête de Saguenay serait le dernier. Le coloré maire tirera donc sa révérence après 20 ans de règne, en 2017. Avouant être un peu lassé de la politique, il ne ferme toutefois pas la porte à faire un jour de la politique provinciale ou fédérale. Une chose est sûre, il ne prendra pas sa retraite. Celui qui dit souhaiter terminer son mandat en laissant l’image d’un maire qui a réussi nous a accordé une entrevue à saveur de bilan, après 18 années de travail politique.


Vous avez surpris un peu tout le monde en annonçant votre décision de ne pas vous représenter aux élections municipales de 2017. Depuis quand votre décision était-elle prise?

Pendant l’été. Mais tsé, une décision, c’est jamais... Tu te dis: «J’ai encore un an pour y penser, peut-être que dans l’année je changerai d’idée.» Ce qui m’a poussé à le faire tout de suite, c’est qu’on entamait une campagne de souscription et de vente de cartes pour le parti politique qu’on a formé. [...] On organise un gros brunch de 1000 personnes, pis là je me suis dit: «C’est moi la vedette, qui dit à ces 1000 personnes-là “go”, on part en guerre, pis après je leur dis, je me présente pas.» Je me suis dit là, faut que je me décide.

Notaire de formation, Jean Tremblay avoue candidement que «c’est pas toujours drôle la politique. On a à faire face aux médias, un agenda pas toujours agréable.»
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère

Plusieurs ont soulevé le fait que vous avez annoncé votre décision quelques heures avant la publication d’un sondage qui vous était défavorable. Ça a influencé votre annonce?

Non. Je le savais qu’il y avait un sondage, et honnêtement, je le savais pas ce que ça donnerait. D’ailleurs, j’aimerais ça le voir pour voir comment les questions sont posées.

Comment expliquez-vous la baisse de vos appuis dans les sondages?

Ma décision, je l’ai pas prise pour rien. Je me faisais dire par mon organisation: qu’est-ce que tu veux faire de plus? Ils me disaient poliment que c’était peut-être le temps. [...] Quand j’ai battu le maire Ulric Blackburn, je l’ai battu sur un thème: «16 ans, c’est assez». D’ailleurs, si mon adversaire [Paul Grimard] avait été plus politique à la dernière élection, il aurait dit ça. J’aurais été mal pris un peu!

Les Saguenéens ont besoin d’un vent de changement?

Je pense, oui. Les gens se disent: «Écoute, y’a tout fait. Les taxes oui, on sait qu’elles sont basses...» Je pense que les gens ont le goût de renouveau. Ils aiment le changement et je les comprends, c’est normal.

 

Notaire de formation, Jean Tremblay avoue candidement que «c’est pas toujours drôle la politique. On a à faire face aux médias, un agenda pas toujours agréable.»
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère

De quoi êtes-vous le plus fier?

C’est d’avoir réuni sept villes qui se chicanaient pis d’en avoir fait une force régionale, une force du Québec, et d’avoir développé ces villes-là pour que le Saguenay change d’allure. On a refait nos équipements partout, culturels, sportifs... On a créé Promotion Saguenay, qui a développé nos parcs industriels, notre aspect touristique. Avant, y’avait un autobus de jeunes qui quittaient la région chaque semaine et qui ne revenaient jamais. Ça, c’est fini. Je suis fier d’avoir fait ça et de laisser la ville propre et bien organisée, qui va continuer de croître.

Peut-on dire que votre défaite en Cour suprême sur la prière au conseil municipal a été votre plus grand échec?

Oui, on peut dire ça. Surtout après avoir gagné en Cour d’appel, et perdre en Cour suprême... J’étais peiné de voir qu’unanimement, les juges donnaient raison à une personne contre l’ensemble des conseillers et contre une partie importante de la population. Et en plus qu’ils me condamnent à des dommages punitifs, je trouve ça triste.

Vous êtes un maire connu pour vos déclarations parfois controversées. En regrettez-vous certaines?

Oui, mais y’en a beaucoup que je suis allé trop loin et qui n’ont pas fait de vagues.

Un exemple?

Je vous le dirai pas, parce que ça va en faire une autre [vague]! Mais une fois, quand j’ai dit que Sylvain Gaudreault aurait peut-être eu plus de chance s’il nous avait aidés (pour réparer des rangs) quand il a eu son accident de vélo, c’en est une, une déclaration que j’aurais pas dû faire, même si c’était une boutade. En plus, j’ai su après que c’était plus grave que je pensais. C’était pas le temps de faire une farce de même.

Êtes-vous lassé de la politique?

Ben là oui, je le suis un peu. Mais peut-être que je vais reprendre le goût après un peu de vacances dans deux ans, on verra. [...] C’est pas toujours drôle la politique. On a à faire face aux médias, avoir un agenda pas toujours agréable. J’ai des conseillers qui étaient proches de moi qui ont fait des bêtises, j’ai été obligé d’intervenir. C’est tannant.

Pourrait-on vous voir en politique provinciale ou fédérale, après 2017?

Je ferme la porte à rien. La seule chose à laquelle je ferme la porte, c’est la politique municipale. Ça, c’est terminé. Pour le reste, j’ai déjà été professeur à l’université, j’haïrais peut-être pas ça. Il peut se présenter toutes sortes d’occasions aussi. [...] Mais honnêtement, c’est pas mon premier choix de faire de la politique. Vous me diriez par exemple: «Tu t’occupes de toutes les soupes populaires du Québec», j’aimerais mieux ça. J’aimerais mieux ça qu’être ministre. J’aurais un défi et j’aiderais du vrai monde. Pour moi, ça va aussi avec mes convictions religieuses, je veux finir ma vie en faisant du bien pour les autres.