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Ottawa, le mardi 20 octobre...

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Dans cette campagne où le suspense est grand, il est tentant de se dire, comme dans les romans d’Agatha Christie, que l’on connaîtra la solution de l’énigme à la fin. Pas sûr...

Dans cette campagne où le suspense est grand, il est tentant de se dire, comme dans les romans d’Agatha Christie, que l’on connaîtra la solution de l’énigme à la fin. Pas sûr...

Dans notre système de gouvernement de type britannique, le premier ministre est normalement le chef du parti ayant fait élire le plus de députés. Plusieurs libéraux et néo-démocrates voudraient que ce ne soit pas le cas cette fois-ci, si le PC l’emporte de façon minoritaire.

Conservateurs dehors !

Le justificatif politique serait qu’une majorité de Canadiens auraient alors exprimé leur désir de se débarrasser des conservateurs, le NPD et le PLC n’étant pas éloignés sur bien des sujets.

Au plan constitutionnel, on invoquerait le principe que le premier ministre est le chef du parti capable d’obtenir la confiance d’une majorité d’élus, ce que M. Harper n’est pas sûr d’avoir.

Possible en théorie, une telle opération serait très hasardeuse. Tout d’abord, l’affaire pourrait vite prendre des allures de coup d’État contre le parti vainqueur de l’élection, fût-il minoritaire.

Qu’arrivera-t-il en pratique si M. Harper obtient une pluralité de sièges sans majorité? La confiance de la Chambre se présumant, il restera premier ministre jusqu’à ce que les deux autres grands partis le défassent en Chambre dès qu’ils le pourront, seul moment où une nouvelle élection ne serait pas déclenchée.

L’objectif serait que M. Trudeau ou M. Mulcair devienne premier ministre, normalement celui dont le parti aurait obtenu le plus de sièges après les conservateurs, avec l’appui de l’autre parti.

La légitimité politique d’une telle opération serait substantiellement diminuée si les conservateurs dépassaient pour la peine chacun des deux autres partis en termes de sièges ou de suffrages.

Par ailleurs, la réussite de l’affaire nécessiterait une exceptionnelle collaboration NPD-PLC, les deux partis devant présenter une alternative crédible en termes de programme et de durée.

Questions d’ego

Or, des partis venant de se combattre se détestent souvent plus qu’ils ne détestent l’ennemi commun. Sans compter les questions d’ego, dans un système où les pouvoirs du premier ministre sont à ce point prédominants qu’il est difficile de partager le pouvoir.

La collaboration sera particulièrement difficile si les deux partis restent de force comparable après l’élection ou, pire, si celui qui a fait élire le plus de députés est celui qui a obtenu le moins de suffrages.

Par exemple, il serait surréaliste que devienne premier ministre un chef néo-démocrate dont le parti aurait obtenu plus de sièges, mais moins de voix que le chef libéral, et moins de sièges et de voix que le chef conservateur...

Notons enfin qu’un gouvernement de coalition comme celui auquel les Britanniques ont eu droit récemment — un grand parti s’y alliant formellement à un petit — serait difficile à faire fonctionner avec deux grands partis comme le PLC et le NPD.

Chasser du pouvoir les conservateurs minoritaires tiendrait de l’exploit. Nul doute que le retors Harper criera au mépris de la démocratie, tout en ne se dépêchant pas de convoquer la Chambre de manière à ce que les Canadiens s’habituent à son «nouveau» gouvernement.

Ses adversaires se consoleront en se disant que la moyenne de vie d’un gouvernement minoritaire est de 18 mois.

 

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