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Nickel dans l’air à Limoilou: pas de danger pour la santé, statue la santé publique

Nickel limoilou port
Photo Archives / Agence QMI

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Le nickel dans l’air de Limoilou ne présente pas de danger pour la santé, soutient le Directeur de santé publique. Un demi-soulagement pour les citoyens inquiets, qui prient les autorités de «lâcher le nickel» et d’enfin dresser un portrait global des polluants qui flottent sur leur quartier.

Le Directeur de santé publique (DSP), le Dr François Desbiens, a rendu mardi un avis complémentaire à celui publié en 2013 à la suite de l’épisode de poussière rouge sur le quartier Limoilou un an plus tôt. À l’aide de données recueillies en 2014, des dernières normes du ministère de l’Environnement et d’une méthode d’évaluation du risque, il conclut qu’il est «peu probable» que le nickel présent dans l’air du quartier cause des effets chroniques comme de l’asthme, des bronchites ou une fibrose pulmonaire.

Nickel limoilou port
Archives Journal de Québec, Annie T. Roussel

Le DSP ajoute qu’un «très petit nombre de cas de cancer lié au nickel pourrait être observé». Sur toute la population de Limoilou, moins d’une personne pourrait développer un cancer lié à l’inhalation de nickel sur une période de 70 ans.

«Ce qu’on peut dire à la population, c’est qu’aux concentrations observées, le risque est très faible à ce qu’il y ait des impacts négatifs à la santé», a soutenu le Dr Desbiens.

Quant aux problèmes allergiques, le DPS se fait plus affirmatif qu’en 2013 et conclut maintenant qu’«on ne croit pas que ça (le nickel) peut être contributif à des dermatites de contact», a spécifié la Dre Caroline Huot, Caroline Huot, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive et rédactrice principale de l’avis. «Ça a été observées à des doses beaucoup plus élevées que celle qu’on pourrait s’attendre à voir dans Limoilou.»

Recommandations

Le DSP a énuméré une série de recommandations pour les entreprises responsables de la dispersion du nickel. Il recommande d’utiliser de bonnes pratiques de manutention et d’entreposage dans l’utilisation du nickel, de profiter des technologies disponibles pour minimiser le largage du nickel dans l’air, de surveiller l’émission des polluants à la source et près des quartiers habités, de partager les données recueillies et d’assurer un suivi.

Le Port, a souligné le Dr Desbiens, s’est doté de ses propres stations d’échantillonnage, mais pour l’instant, il ne communique pas ses données recueillies.

Autres contaminants

En juillet dernier, Le Journal avait dévoilé en exclusivité le contenu du présent avis, ayant obtenu le document de travail. Dans celui-ci, on s’inquiétait de la présence d’autres contaminants «préoccupants» pour la santé de la population de ce secteur. Le directeur de le DSP avait noté la présence de particules fines, d’oxyde d’azote, de monoxyde de carbone, d’ozone et de dioxyde de soufre.

Cet aspect n’était plus présent dans l’avis présenté aux médias mardi. Pour la porte-parole du groupe Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec, Véronique Lalande, il est grand temps que la Santé publique se penche sur le portrait général. «Lâchez le nickel! La nuisance quotidienne qu’on vit, c’est ça la problématique. C’est l’ensemble des particules et des émanations des activités industrielles au Port de Québec.»

Elle souhaite que les citoyens soient partie prenante des discussions et ultimement, que toutes les activités du port soient faites à couvert.

Le Dr Desbiens a expliqué qu’après consultation avec les organisations concernées, on a choisi de cibler uniquement le nickel. «Pas pour minimiser la contribution des autres polluants sur la santé de la population de Québec», a-t-il insisté. Mais des études sur la qualité de l’air viendront plus tard, dit-il.

«C’est un objectif que nous avons. Nous allons poursuivre les discussions avec le comité intersectoriel» qui regroupe diverses entreprises ainsi que la Ville et le ministère de l’Environnement.

Objectif zéro nickel

Mardi matin, en impromptu de presse, le maire de Québec, Régis Labeaume, a réitéré que l’objectif à atteindre est l’absence complète de nickel dans l’air de Limoilou. «Il faut qu’on soit nickel zéro éventuellement. Vous allez voir comment on va s’occuper de ça. C’est nickel zéro. C’est ça que ça prend.»

Le maire a ajouté que les risques pour la santé ont été largement exagérés, selon lui, et que le DSP avait fait le point après la publication de notre reportage. «La DSP avait dit juste avant les vacances d’été que tout ça avait été nettement exagéré et que c’était aussi de la désinformation.»

Au cabinet du ministre de l’Environnement David Heurtel, l’attaché de presse Guillaume Bérubé a insisté sur l’importance du suivi environnemental que le Ministère «a assuré et continuera d’assurer». L’Administration portuaire a quant à elle réitéré l’importance qu’elle accorde au dossier. «On va continuer à travailler avec les autorités», a laissé savoir la porte-parole Marie-Andrée Blanchet. Les discussions se poursuivent pour la transmission des données recueillies dans ses stations, dit-elle.

– Avec la collaboration de Taïeb Moalla