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Le milieu communautaire en grogne

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Plus de 200 manifestants ont tenté de bloquer l’accès aux bureaux du Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale mercredi matin à Québec, retardant ainsi l’entrée au travail de plusieurs fonctionnaires.

Les représentants des quelque 200 organismes d’action communautaire et de défense collective des droits réclament un meilleur financement et la fin des coupes budgétaires du gouvernement libéral.

«L’augmentation des subventions ne peut pas attendre le prochain budget, affirme Vicky Brazeau, co-porte-parole de la mobilisation Le 30 septembre, on bloque. Le gouvernement doit réinvestir dans les services publics et les organismes communautaires».

Dénonçant un sous-financement qui persiste depuis plusieurs années, les groupes communautaires présents, comme le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Front commun des personnes assistées sociales (FCPASQ) sont inquiets pour leur avenir.

Subventions ou pas? 

Les groupes se disent également inquiets, eux qui ignorent si leurs subventions seront reconduites.

«Avant la politique gouvernementale prévoyait un renouvellement des protocoles d’ententes à chaque 3 ans et ça a été réduit à 18 mois récemment. On ignore si ce sera à nouveau réduit et si les groupes vont recevoir une subvention ou pas dans six mois», s’inquiète Mme Brazeau, qui se désole du refus du gouvernement de s’engager à «long terme».

La porte-parole estime que les quelque 4000 groupes communautaires au Québec auraient besoin de 265 millions $ de plus pour pouvoir subvenir aux besoins sur le terrain.

Impacts sur la société

Les groupes d’action communautaire et de défense collective des droits déplorent depuis plusieurs années les impacts directs de leur sous-financement sur la population. «Dans les derniers mois, plusieurs organisations ont dû cesser complètement leurs activités, dénonce Mme Brazeau. Dans d’autres cas, il s’agit de fermetures temporaires qui causent des pertes d’emplois, dans un secteur à 80% féminin».

Il n’y a pas que les banques alimentaires qui peinent à répondre à la demande en constante augmentation. Les cuisines collectives, maisons d’hébergement et ressources pour hommes voient aussi leur clientèle augmenter.

«Pour la première fois, on voit des listes d’attentes dans les organismes communautaires, les gens ont nulle part où aller. Si la population s’appauvrit, les gens donnent moins, mais en même temps la demande augmente», s’inquiète Mme Brazeau.

Les coupes budgétaires rajoutant une pression sur ces organismes, les regroupements d’organismes derrière la manifestation demandent que leur autonomie soit reconnue. «Avec toutes les compressions, particulièrement dans le domaine de la santé et des services sociaux, il y a du pelletage dans la cour des organisations (communautaires), qui répondent à des besoins du gouvernement, alors que la mission est de répondre aux besoins de la communauté», souligne la co-porte-parole de la marche.