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Quand Bell ne répond pas

Quelles sont ses règles d’éthique concernant les liens entretenus avec les fonctionnaires du Québec ?

Quand Bell ne répond pas
Photo courtoisie

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Bell Canada a refusé d’accorder une entrevue, jeudi, concernant ses politiques et les mesures prises relativement à leur directeur général photographié avec trois fonctionnaires à un match de hockey au Centre Bell.

Est-il courant que des fonctionnaires responsables des appels d’offres et d’octroi de contrats importants en téléphonie accompagnent des dirigeants de Bell à de tels événements? Est-ce que des vérifications ont été effectuées concernant cette affaire?

Bell a refusé de répondre à toutes les questions du Bureau d’enquête, hier, à la suite de nos révélations de cette semaine. Rappelons que la photo prise en février dernier, au Centre Bell, montre trois gestionnaires d’un organisme québécois qui a octroyé des centaines de millions de contrats à Bell Canada depuis 2009 en compagnie du directeur général, secteur public Québec, chez Bell Canada, Louis Martel.

Les trois gestionnaires ont été relevés provisoirement de leurs fonctions par le gouvernement, le temps d’une enquête. «On ne peut tolérer les écarts liés à l’éthique, à la responsabilité et à l’imputabilité», a fait savoir le cabinet du ministre Martin Coiteux.

Pas de commentaires

On ne sait toutefois pas quel sort Bell a réservé à son cadre.

«Nous allons décliner de commenter», nous a répondu le service de relations médias de Bell Canada.

Le Bureau d’enquête a aussi en vain demandé une entrevue avec M. Martel.

Hier, le Bureau d’enquête révélait aussi que le gouvernement, notamment le Conseil exécutif qui relève directement du premier ministre, avait acheté, sans appel d’offres, des dizaines de milliers de dollars de téléphones de Bell Canada.

Un des trois fonctionnaires sur la photo au Centre Bell, Michel Gauthier, était parmi les responsables de ces acquisitions. Les téléphones ont été achetés en vertu d’un contrat qui ne visait pas l’achat, mais plutôt l’entretien de téléphones. C’était un contrat de 5 ans pouvant atteindre 57 M$ avec Bell Canada.

Analyse interne et enquêtes

Le bureau du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a aussi réagi à ce reportage: une «analyse interne» a été enclenchée sur cette affaire, a-t-on confirmé.

Deux enquêtes administratives ont été lancées par Québec.

La première concerne la photo. La deuxième vise seulement Michel Gauthier, qui a omis de déclarer l’existence d’un inventaire de 51 M$ de matériel inutilisé alors que son organisme s’apprêtait à acheter pour 25 M$ de nouveau matériel.

Bell a obtenu près d’un milliard de dollars en contrats du gouvernement du Québec depuis 2009.

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