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Les déboires d’Aubut loin d’être terminés

Il s’excuse et démissionne du Comité olympique canadien

Les déboires d’Aubut loin d’être terminés
Photo Journal de Québec, Didier Debusschere

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Le Comité olympique canadien est en crise à moins d’un an des Jeux de Rio après la démission de son président Marcel Aubut hier, dénoncé par plusieurs femmes pour harcèlement sexuel.

«Il était l’homme fort du système, et c’est le maillon fort qui a lâché. Oui, on parle d’une situation de crise», a souligné Paul Ohl, auteur et spécialiste du mouvement olympique.

Marcel Aubut, premier président francophone du Comité olympique canadien (COC), était visé par une enquête du juge François Rolland, après une plainte pour harcèlement sexuel déposée auprès du COC par une employée.

L’homme de 67 ans s’est excusé dans une déclaration publiée hier matin.

«Je suis conscient que, parfois, mon attitude a pu être perçue comme discutable auprès de certaines personnes de la gent féminine et avoir entraîné un sentiment de malaise», a-t-il admis.

Son geste a mis un terme à l’enquête du juge François Rolland. Le relationniste du COC, Ricky Landry, n’a pas su dire au Journal s’il s’agissait d’une initiative de la plaignante ou d’un arrangement avec le COC.

Enquête maintenue

Mais la tempête n’est pas près de se calmer. Deux autres femmes, une ancienne adjointe et l’avocate Amélia Salehabadi-Fouques ont récemment rapporté dans les médias d’autres comportements déplacés de M. Aubut.

Or, le COC a maintenu son enquête interne sur ces allégations.

«On veut créer un processus pour que les gens se sentent libres de dénoncer [ce genre de comportement]», a expliqué le relationniste Ricky Landry.

De plus, Me Salehabadi-Fouques a porté plainte au Barreau (voir autre texte).

Et ce scandale est survenu «au pire moment» pour le mouvement olympique canadien, selon le spécialiste Paul Ohl.

«C’est l’époque où le COC doit produire sa liste de partenaires financiers principaux pour les prochains Jeux olympiques. On parle de millions de dollars, a-t-il indiqué. Et Marcel Aubut était le solliciteur en chef.»

Pas au courant

Un membre du conseil d’administration du COC, Walter Sieber, s’est dit déçu, mais «extrêmement surpris». «Jamais je ne l’ai vu poser un geste déplacé ou dire un mot qu’il ne fallait pas», a-t-il assuré au Journal.

M. Sieber a aussi affirmé qu’il n’était «pas au courant» que Marcel Aubut avait reçu quatre ans plus tôt une lettre du secrétaire général du Comité l’engageant à réviser son comportement.

Ces propos ont fait bondir Paul Ohl. «J’affirme qu’une telle procédure ne pouvait pas avoir lieu sans qu’elle ait été validée par les membres du CA».

Marcel Aubut n’a pas rappelé Le Journal.

La semaine où tout a basculé

MERCREDI

Marcel Aubut annonce qu’il se retire temporairement de ses fonctions de président du Comité olympique canadien (COC) pendant la durée d’une enquête interne.

Le quotidien Globe and Mail révèle qu’il s’agit d’une plainte pour harcèlement sexuel à l’endroit d’une employée de la Fondation olympique canadienne.

JEUDI

Une membre du conseil d’administration de Soccer Canada affirme aussi avoir été victime de harcèlement sexuel par Me Aubut.

Plus tard en journée, une ancienne adjointe exécutive d’un cabinet d’avocat dans lequel Me Aubut a déjà travaillé affirme aussi avoir été victime.

VENDREDI

Le COC élargit l’enquête qu’il mène sur son président puisque «les allégations apparues récemment dans les médias sont extrêmement troublantes».

On apprend également que le COC était au courant des agissements de Me Aubut depuis 2011. Dans une lettre à l’attention de Me Aubut datée du 13 juin, le chef de la direction et secrétaire général de l’organisme, Jean R. Dupré, précise clairement les comportements qu’il doit cesser.

HIER

Hier, notre chroniqueuse Karine Gagnon larguait une véritable bombe dans nos pages, racontant avoir elle-même vécu de mauvaises expériences lors de rencontres avec Me Aubut.

«Dans plusieurs salles de nouvelles de Québec, on prenait même soin d’aviser les jeunes femmes qui débutent dans le métier de se tenir loin de lui», écrit-elle.

En matinée, Marcel Aubut démissionne de son poste de président du COC «avec le sentiment du devoir accompli». Il s’excuse également auprès de ceux qui auraient été offusqués par son comportement.

Sa carrière en bref

1978

  • Devient propriétaire et président-directeur général des Nordiques de Québec

1993

  • Nommé officier de l’Ordre du Canada

1995

  • Annonce la vente officielle des Nordiques

2000

  • Devient membre du COC

2008

  • Élu avocat émérite du Barreau du Québec

2009

  • Devient le premier francophone élu président du COC

2011

  • Élu à la Commission des relations internationales du Comité international olympique

2015

  • Inaugure la Maison olympique canadienne à Montréal.

Une femme pour le remplacer

Tricia Smith
Photo d'archives
Tricia Smith

Le conseil d’administration du Comité olympique canadien a désigné Tricia Smith à titre de présidente par intérim, hier soir. Établie à Vancouver, la quadruple olympienne en aviron, avocate et femme d’affaires, a été désignée à l’unanimité à la suite de la démission de Marcel Aubut. «Notre priorité consiste à mettre en place des changements pour assurer un environnement sécuritaire à nos athlètes, nos entraîneurs, notre personnel et nos bénévoles», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

 

 

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