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Justin Trudeau premier ministre?

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Pour plusieurs Québécois, choisir le parti pour lequel voter le 19 octobre constituera une frustration que l’on pourrait comparer, en plus grave, à celle que l’on ressent devant certains forfaits télé offerts.

Pour plusieurs Québécois, choisir le parti pour lequel voter le 19 octobre constituera une frustration que l’on pourrait comparer, en plus grave, à celle que l’on ressent devant certains forfaits télé offerts.

On dirait qu’il y a toujours des canaux dont on ne veut pas que l’on nous impose, alors qu’on est incapable d’en obtenir d’autres qu’on voudrait sans payer une fortune!

Cela semblait pourtant tellement ­simple pour ces francophones décidés

à abandonner le Bloc souverainiste «passé date», selon l’expression cruelle lancée par Stephen Harper à Gilles Duceppe lors du premier débat en français.

Rien ne va plus

On avait décidé de voter pour le NPD, qui était à gauche comme nous, pour chasser les conservateurs détestés; les libéraux, dirigés par le superficiel «fils de l’autre», étaient hors concours.

C’est fou ce que les choses ont changé en 15 jours!

L’amour rend aveugle, c’est bien connu. On aurait dit que, depuis leur lune de miel avec saint Jack, les francophones québécois ne voyaient dans le NPD que ce qu’ils voulaient y voir.

Mais gare aux amoureux qui se sentent trahis! Un peu comme ces francophones estomaqués de ce que Thomas Mulcair se refuse à interdire le port du niqab lors d’une cérémonie d’assermentation citoyenne.

En quelques jours, certains sont devenus contents que le Bloc soit encore disponible comme vote de repli, pendant que d’autres, plus à droite, se disent que Stephen Harper a l’air, tout compte fait, d’un premier ministre sensé, qui n’augmentera pas, au moins, les taxes.

Mais la vraie nouvelle serait que certains Québécois, à commencer par les jeunes, se mettent à apprécier le talent politique désormais incontestable de Justin Trudeau, dont les chances de devenir premier ministre apparaissent réelles.

Dans le NANOS d’hier, le PLC s’affirme clairement comme véhicule de changement sur le plan canadien avec 34,6 % des intentions de vote, contre seulement 25,1 % pour le NPD.

Avec maintenant plus de quatre points d’avance sur des conservateurs à 30,5 %, ce parti de gouvernement enraciné dans l’histoire canadienne poursuivra-t-il une progression susceptible de porter au pouvoir l’héritier de la dynastie Trudeau?

Les Québécois partagés

Bon nombre de Québécois ne seront pas complètement à l’aise avec leur vote le 19 octobre. Malgré le niqab, plusieurs maintiendront sans doute leur choix pour le NPD. D’autres reviendront au Bloc sans trop y croire.

Certains voteront conservateur, tout en se demandant si le niqab justifie la réélection d’un gouvernement usé par 10 ans de pouvoir, alors que d’autres viseront peut-être un changement d’équipe avec les libéraux, malgré la diminution des pouvoirs du Québec en 1982.

On ne saurait écarter que, pour la première fois depuis la Confédération de 1867, les Québécois partagent leur vote entre quatre partis. Ils avaient historiquement l’habitude d’avoir un clair favori, longtemps au pouvoir puis dans l’opposition, avec le Bloc québécois.

Si on ne sait ce que cela donnera à terme, il en résulte pour l’heure que le Québec est redevenu important dans cette campagne pour tous les partis. Ces derniers auraient intérêt à se doter de caucus québécois pour éviter de tenir trop les Québécois pour acquis, comme le NPD l’a fait, pour son malheur.

 

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