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Regarder le décolleté d’une femme est acceptable, selon le Doc Mailloux

Le Dr Pierre Mailloux
Photo d'archives

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Dans la foulée du débat sur le harcèlement sexuel provoqué par l’affaire Marcel Aubut, le Doc Mailloux affirme que certains gestes restent acceptables, comme regarder les seins d’une femme si elle porte un décolleté.

«Pourquoi tu penses qu’une femme montre le tiers de ses seins? C’est pour qu’on les regarde», dit le Dr Pierre Mailloux.

Le psychiatre controversé parle de liberté d’être de l’homme. «La femme peut porter ce qu’elle veut, mais qu’elle l’assume.»

Il croit que la société aurait intérêt à définir clairement ce qui est acceptable, disgracieux, inacceptable et condamnable. Reluquer le corps d’une femme ne tomberait que très rarement dans l’extrême, selon lui. «Je regrette, mais je ne m’empêcherai pas de regarder une belle paire de fesses.»

Le docteur a fait cette sortie lundi pendant l’émission matinale de FM 106.9, en Mauricie.

Des propos clairement dépassés et archaïques, selon la journaliste, auteure et chroniqueuse Lise Ravary. «Bon! On a un autre “mon oncle”. Il va falloir tenir un registre, bientôt.»

Elle pense que le propos infantilise la gent masculine, en sous-entendant que l’homme n’a pas de contrôle sur ses pulsions. «Le Doc Mailloux, comme souvent, il est dans le champ.»

Pierre Mailloux n’est pas tendre envers le débat sur le harcèlement sexuel qui secoue le Québec. Il met en garde contre l’exagération. «Si une femme dit qu’elle s’est sentie violée en plein restaurant, une femme qu’un homme a vraiment tenté de violer, elle va dire quoi?»

Selon lui, les limites de l’acceptable ne sont pas claires. «Là, c’est du n’importe quoi qui est lancé sur la place publique.» Lise Ravary est toutefois en accord avec lui sur le besoin d’établir des balises, de déterminer collectivement ce qui est acceptable ou pas. Elle raconte avoir elle-même vécu des situations qui étaient à la limite du harcèlement.

Toujours dénoncer ?

Docteur Mailloux admet que, dans certains cas, la dénonciation peut ne pas être que salutaire. Il prend l’exemple d’une jeune femme rencontrée il y a 30 ans. Elle avait été violée, mais n’avait rien vu et ne savait rien de son agresseur. Il était pratiquement impossible de le retrouver. «Si elle avait porté plainte, elle aurait été questionnée et requestionnée. Dans certains cas, je le regrette, mais ça peut être pire. À utiliser avec jugement.»

Dans tous les cas, que ce soit du harcèlement ou de l’agression, la première étape est d’écouter attentivement la victime et de la laisser se décharger de son fardeau, rappelle le docteur.

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