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Cégeps : un premier geste cet automne pour dénoncer l'austérité

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Plusieurs professeurs de cégeps de la province, dont ceux de Québec, ont mené un piquetage symbolique devant leur établissement scolaire lundi matin pour dénoncer l'austérité et les offres patronales pour le renouvellement de leur convention collective.

«C'est inadéquat et méprisant», estime le président du Syndicat des professeurs du Collège François-Xavier Garneau, Pierre Mercure, qui étaient des enseignants présents tôt lundi, avant le début des cours, devant le cégep du boulevard de l'Entente à Québec.

Dès 7h15, des enseignants, pancartes à la main, ont piqueté devant les entrées principales du cégep, offrant des pommes aux étudiants et invitant ces derniers à ne pas pénétrer à l'intérieur du bâtiment, bien qu'aucune entrée n'était barrée.

Des affiches mentionnant «Si vous entrez, vous traversez une ligne de piquetage» avaient d'ailleurs été apposées sur les portes. À 8h pile, tel que prévu, les professeurs ont libéré les entrées pour permettre aux étudiants d'assister à leurs cours.

«On tente d'éduquer et de faire comprendre nos préoccupations, sans confrontation», a souligné M. Couture, qui mentionne que cette manifestation est «le premier geste [cet automne] pour dénoncer les compressions et l'austérité».

Comme dans plusieurs autres établissements collégiaux, des journées de grève sont à prévoir d'ici février au cégep Garneau, où 74% des professeurs ont voté pour la grève récemment.

Sensibilisation

Au Cégep de Sainte-Foy, contrairement au Cégep Garneau, les étudiants, qui recevaient pommes et café à leur arrivée, pouvaient entrer sans problème à l'intérieur de leur école pendant le piquetage symbolique lundi matin.

La mobilisation, organisée conjointement par le syndicat représentant les professeurs et l'association étudiante, visait avant tout à dénoncer l'austérité, à l'occasion de la Journée mondiale des enseignantes et enseignants.

«On est en train de démolir et de défaire tout ce qu'on a mis tant d'années à bâtir», déplore la responsable de la mobilisation, Lucie Piché, professeure d'histoire depuis plus de 15 ans, qui estime qu'il reste «beaucoup de travail à faire» pour sensibiliser les étudiants, qui ne sont pas tous conscients des impacts des compressions dans le réseau collégial.

Au Cégep de Sainte-Foy, on explique que les compressions, qui ont totalisé 3,8 millions $ depuis les cinq dernières années, ont notamment mené à l'augmentation des frais facturés aux étudiants, à l'abandon d'expériences en laboratoire par manque de fonds pour acheter le matériel, à la réduction des heures d'ouverture de la bibliothèque, à la coupure de 80 jours de travail pour les aides pédagogiques et au non-remplacement du personnel professionnel en congé maladie.

Mme Piché, qui considère les offres du gouvernement d'«irrecevables» et «frustrantes», mentionne qu'une autre mobilisation, une séance de correction publique, se tiendra de midi à 14h mercredi au Cégep de Sainte-Foy.

Par ailleurs, une manifestation de soutien aux enseignants organisée par le Front Régional d'Action à Québec de l'ASSÉ est prévue ce lundi soir, 18h30, devant l'Assemblée nationale.

Contrairement aux habitudes de cette association étudiante, l'itinéraire a été fourni aux autorités.

Lundi matin, un peu plus de 700 personnes avaient indiqué qu'ils y participeraient sur la page Facebook de l'événement.