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Une clinique de proximité craint pour sa pérennité

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Malgré ses résultats fulgurants en seulement une année d’existence, la clinique médicale sans médecin de la Coopérative de solidarité SABSA sonne l’alarme et craint de ne devoir fermer ses portes en mai, le ministre Barrette ne souhaitant pas l’intégrer au réseau de santé dans sa forme actuelle.

Après avoir traité 2800 patients, dont moins de 5 % ont dû être dirigés vers un médecin, la clinique du boulevard Charest a encore des preuves à faire avant de se joindre officiellement au système de santé.

Le député Amir Khadir a offert de s'associer à la clinique, si le besoin se présentait. À ses côté, Isabelle Têtu, infirmière praticienne de soins de première ligne chez SABSA.
Photo Le Journal de Québec, Catherine Bouchard
Le député Amir Khadir a offert de s'associer à la clinique, si le besoin se présentait. À ses côté, Isabelle Têtu, infirmière praticienne de soins de première ligne chez SABSA.

Selon Isabelle Têtue, infirmière praticienne, la clinique pourrait relever d’un Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux et ainsi espérer du financement du gouvernement. La clinique survit présentement grâce au financement de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et de dons privés.

Mais le fonctionnement de la clinique, indépendant et autonome, ne convient pas au ministère de la Santé.

«On doit prouver que notre façon de faire complète l’offre de soins de santé», précise Emmanuelle Lapointe, coordonnatrice à la SABSA.

Selon elle, il faudrait que la clinique prenne la structure d’un Groupe de médecine familiale (GMF) pour séduire. Mais cela nuirait à une partie de son mandat, qui est notamment de prendre en charge des patients sans assurance maladie.

En visite à la clinique, le député Amir Khadir a avancé que le gouvernement décourage ce genre de services, notamment pour protéger les intérêts du système privé. «Si ça se reprend, le danger pour certains est qu’une partie de l’enveloppe, qui va actuellement aux médecins, va forcément aller ailleurs. Deux, si ça désengorge le système, l’incitatif pour le privé va tomber», explique-t-il.

Il croit également que des millions de dollars pourraient être économisés si ce genre de services étaient soutenus par le gouvernement.

En réaction, Johanne Beauvais, attachée de presse du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a mentionné que le programme de financement des cliniques qui existe au ministère de la Santé et des Services sociaux est celui pour les GMF et celui des GMF-R (supercliniques). «La clinique SABSA ne cadre pas dans ces programmes, mais cela ne veut pas dire que le ministre n’en constate pas l’effet. On ne peut juste pas créer un programme supplémentaire pour une seule clinique.

Elle ajoute, toujours au nom de M. Barrette, que les infirmières ont un rôle plus grand à jouer que celui qu’elles ont eu au cours des dernières années et c’est en interdisciplinarité avec les autres professionnels de la santé que ces infirmières, infirmières cliniciennes et infirmières praticiennes auront le plus grand effet.

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