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Lutte à deux

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Douze jours avant l’élection fédérale, bien malin qui pourra en prédire l’issue alors que l’électorat, entre autres au Québec, peut être volatil, comme on l’a vu avec la chute récente du NPD.

Douze jours avant l’élection fédérale, bien malin qui pourra en prédire l’issue alors que l’électorat, entre autres au Québec, peut être volatil, comme on l’a vu avec la chute récente du NPD.

Il reste beaucoup d’indécis et certains – souvent des jeunes – n’iront pas voter. Il est de surcroît difficile de transposer en sièges des intentions de vote inégalement réparties entre plusieurs partis dans plusieurs comtés.

Partenariat transpacifique

Pour arrêter la progression des libéraux dans le dernier droit de la campagne, Stephen Harper mise sans doute sur l’impact du Partenariat transpacifique, dont il a fièrement annoncé la conclusion lundi. Rarement une élection aura-t-elle été autant liée à des évènements se produisant hors du pays.

La force des libéraux est triple : parti de gouvernement enraciné dans l’histoire du pays ; souvenir de Pierre Elliott Trudeau ; talent politique de Justin Trudeau

Approuvée en principe par les libéraux, l’entente internationale n’est pas la catastrophe appréhendée par certains. Elle pourrait cependant donner des munitions au Bloc québécois en région, où le milieu agricole ne fera pas nécessairement con-fiance aux conservateurs pour compenser adéquatement les coûts de l’affaire.

Les néo-démocrates ont pris trop de retard sur les deux autres partis au niveau canadien pour pouvoir réalistement espérer l’emporter. Le PLC apparaît comme la possibilité réelle d’alternance politique au pays cette élection-ci.

Toujours mal vus de nombreux Québécois à cause, entre autres, de la diminution des pouvoirs du Québec en 1982, les libéraux sont dirigés par un Justin Trudeau sous-estimé par les commentateurs francophones. Cela n’empêche pas le PLC de progresser dans la Belle Province, où il talonnerait maintenant le NPD.

La force des libéraux est triple: parti de gouvernement enraciné dans l’histoire du pays; souvenir de Pierre Elliott Trudeau, fondateur du Canada moderne pour bien des Canadiens anglais, y compris dans l’Ouest; talent politique de Justin Trudeau.

Désir de changement

L’affaire se jouera beaucoup sur le désir plus ou moins grand de changement des Canadiens. C’est le grand handicap des conservateurs: l’usure du pouvoir appelle une alternance que notre culture politique considère comme normale, presque nécessaire, après une décennie de règne Harper.

Il n’en reste pas moins que les chances des conservateurs de l’emporter, de façon minoritaire, sont réelles et multiples. Le facteur de loin le plus important reste la division de l’opposition de gauche entre deux grands partis, les libéraux et les néo-démocrates.

S’ajoute à cela l’exceptionnelle habileté, maintes fois démontrée, de Stephen Harper, de même que le bon rapport dont jouissent les conservateurs entre le pourcentage de votes qu’ils peuvent espérer et le nombre de sièges gagnables.

La prime à l’urne devrait jouer aussi en leur faveur, comme elle a profité aux libéraux de Philippe Couillard lors de la dernière élection québécoise.

Tout cela pour un gouvernement minoritaire dont la vie ne devrait pas normalement excéder 18 mois. Si les conservateurs devaient l’emporter, il s’agirait sans doute du dernier tour de piste d’un Stephen Harper ayant fait le vide autour de lui.

En remportant un quatrième mandat, le 22e premier ministre du Canada dépasserait Jean Chrétien en termes de durée, talonnant Wilfrid Laurier et Pierre Elliott Trudeau.

Le fils de ce dernier, Justin, serait bien placé ensuite pour devenir le 23e premier ministre du pays, à la tête d’un gouvernement vraisemblablement minoritaire si la division de la gauche canadienne devait perdurer.

 

 

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