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L’UPAC frappe encore l’informaticien El Khayat

Les arrestations contre Mohamed El Khayat ont été le berceau de l’agonie de la firme EBR, fermé en mai dernier.
Photo archive Les arrestations contre Mohamed El Khayat ont été le berceau de l’agonie de la firme EBR, fermé en mai dernier.

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Arrêté deux fois en 10 mois par l’UPAC pour fraude et complot, l’ancien codirigeant de la firme d’informatique québécoise EBR Mohamed El Khayat a encore été arrêté jeudi matin.

Arrêté deux fois en 10 mois par l’UPAC pour fraude et complot, l’ancien codirigeant de la firme d’informatique québécoise EBR Mohamed El Khayat a encore été arrêté jeudi matin.

Cette fois-ci, celui qui a notamment été vice-président du Conseil interculturel de la ville de Québec et nommé Grand Bâtisseur québécois aurait «brisé ses engagements de remise en liberté et entravé le cours de la justice», allègue l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Celui-ci est en attente des deux procès liés à ses arrestations pour fraude, et on lui reproche d’avoir «fabriqué et d’avoir utilisé des documents contrefaits dans le cadre de sa défense», a mentionné l’UPAC.

Quatre chefs d’accusation ont été déposés au palais de justice de Québec contre El Khayat, qui a comparu, impassible, jeudi après-midi. Il demeurera détenu jusqu’à son enquête pour remise en liberté, vendredi. Trois des quatre chefs accusation sont passibles d’une peine d’emprisonnement pouvant atteindre 10 ans.

Ils s’ajoutent à 10 autres chefs d’accusation criminels qui pesaient déjà contre lui à la suite de deux frappes de l’UPAC en juin 2014 et en mars 2015.

El Khayat a cofondé la firme EBR, qui a fermé ses portes en mai dernier. L’entreprise de Québec ne s’est jamais remise des frappes de l’UPAC contre son codirigeant. Pourtant, la firme, qui a décroché 130 contrats avec Québec depuis 2009 et faisait un chiffre d’affaires de 50 M$, avait été sacrée entreprise de l’année par la Chambre de commerce de Québec en 2014. Quelques mois plus tard, la firme agonisait.

 

Mohamed El Khayat
Mohamed El Khayat
Photo courtoisie
Mohamed El Khayat

Première frappe

Dans la foulée des premières accusations, en juin 2014, El Khayat a été arrêté conjointement avec Abdelaziz Younsi, patron de l’informatique du ministère de la Sécurité publique, dont l’UPAC relève. Les deux hommes ont été accusés d’abus de confiance, de fraude (évaluée à 400 000 $) et de fabrication de faux.

Les autorités les soupçonnent d’avoir bâti un stratagème frauduleux par lequel au moins un contrat public aurait été obtenu en échange de pots-de-vin. D’ailleurs, l’UPAC a aussi écrit vouloir obtenir «tous les documents faisant mention de voyage, de voyage de chasse [...]» auxquels auraient participé les deux hommes.

Les documents judiciaires ont démontré que le présumé complice d’El Khayat, Abdelaziz Younsi, aurait contourné les règles pour tenter de favoriser EBR pendant qu’il travaillait avec l’UPAC, qui relève du ministère de la Sécurité publique.

Deuxième frappe

Quant à la deuxième série d’accusations, celles-ci étaient reliées au processus d’octroi d’un contrat de 24 M$ par Revenu Québec. Huit personnes sont soupçonnées d’avoir participé à un stratagème de fraude pour ce contrat, qui n’a finalement jamais été octroyé.

El Khayat et Younsi faisaient partie de ces huit individus, tout comme Jamal El Khaiat (frère de Mohamed, malgré la graphie différente de son nom), qui était fonctionnaire à Revenu Québec. Un autre cadre d’EBR, trois individus qui ont déjà été liés à IBM et un autre fonctionnaire de Revenu Québec ont aussi été arrêtés.

Tout bascule pour Mohamed El Khayat depuis sa première arrestation en juin 2014. Marocain d’origine, il était surtout reconnu comme un grand modèle d’intégration culturelle. Souvent dans les médias, il a notamment reçu le prix Immigrant du monde de la Chambre de commerce de Québec.

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