/opinion/columnists
Navigation

Je suis rendu à Outremont!

Sur le carton d’Élections Canada, il y a écrit en grosses lettres OUTREMONT. Je vous avoue que je me suis senti comme si j’avais bénéficié d’une promotion territoriale.

Coup d'oeil sur cet article

Certains lecteurs l’ont noté, je me suis fixé comme défi, depuis trois semaines, de ne plus vous écrire que des chroniques sur l’élection fédérale. Jusqu’au 26 octobre!

Certains lecteurs l’ont noté, je me suis fixé comme défi, depuis trois semaines, de ne plus vous écrire que des chroniques sur l’élection fédérale. Jusqu’au 26 octobre!

L’idée est d’explorer au maximum un filon d’analyse particulièrement riche, qui en dit long sur le rapport québécois, disons... complexe avec le Canada.

Gilles Duceppe

Juste au moment où je commençais à me demander si je ne finirais pas par manquer de gaz et ennuyer les lecteurs qui me suivent, ne voilà-t-il pas que je reçois un dépliant d’Élections Canada. Ce dernier m’invite à vérifier si j’ai bien le carton qu’on m’a récemment envoyé, avec les informations requises pour aller voter dans Laurier–Sainte-Marie, à Montréal.

Comprenant le Plateau-Mont-Royal, ma circonscription a l’honneur d’avoir Gilles Duceppe comme candidat du Bloc et Hélène Laverdière comme députée néo-démocrate sortante. Originaire de mon quartier natal à Chicoutimi, cette dernière fut une excellente porte-parole de son parti en matière d’affaires étrangères.

Mais surprise! Sur le carton d’Élections Canada retrouvé dans mes papiers, il y a écrit en grosses lettres OUTREMONT. Outremont? Comment ça, Outremont? Une vérification sur internet m’apprend que cette circonscription fédérale s’étend désormais jusqu’à la rue Saint-Denis.

Pendant un instant, je vous avoue que je me suis senti comme si j’avais bénéficié d’une promotion territoriale sans avoir déménagé! On ne rit plus, Outremont... Le château fort de la bourgeoisie francophone intellectuelle cossue.

Cela a quand même plus de classe que la république socialiste et soviétique du Plateau, même si je crains maintenant que le maire Ferrandez en profite pour augmenter mon évaluation municipale.

S’il vous plaît, ne m’envoyez pas de courriels. Je sais, je sais... Ce n’est pas glorieux de prétendre pondre des analyses politiques crédibles quand on ne connaît même pas le nom de la circonscription où on va aller voter. À ma défense, j’habite à la frontière de cette dernière, où les pancartes électorales de Duceppe et Laverdière abondent.

Thomas Mulcair

Par ailleurs, mon petit doigt me dit que je ne suis pas le seul à ne pas connaître ma circonscription dans la région métropolitaine de Montréal, peut-être même dans celle de Québec. Contrairement aux gens des régions, qui savent pratiquement tous, eux, par définition, où ils vivent et où ils votent, pour leur plus grande santé mentale.

Mais à toute chose malheur est bon. Se présente à Outremont un autre candidat vedette, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair en personne, dont je me rappelle maintenant avoir vu des pancartes près de chez moi. Cela n’est pas sans importance en ce qui me concerne, étant donné qu’il m’est déjà arrivé de voter pour l’homme.

Pour la petite histoire, enfin, par rapport à Laurier–Sainte-Marie, en plus des candidats habituels PC, PLC, NPD, Bloc et... communiste (vive Kim Jong-un!), nous avons, NOUS, à Outremont – c’est fou ce que je m’habitue vite à ma nouvelle circonscription –, un candidat libertarien: vive Donald Trump! Il me semble que c’est plus à Québec qu’il aurait dû se présenter, celui-là, le terreau y étant plus fertile pour ses théories.

«Outremontois». C’est bien cela, le terme? Comment dire... Je n’en reviens pas, je suis rendu à Outremont!

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.