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Kessel, loin du zoo de Toronto

À Pittsburgh, il estime qu’il peut redevenir un marqueur de 30 buts et plus

Phil Kessel
Photo AFP Phil Kessel #81

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PITTSBURGH | Avec les Maple Leafs, Phil Kessel avait la lourde commande de transporter l’attaque sur ses épaules. Dans un bouillant marché comme celui de Toronto, l’Américain n’avait pas la personnalité pour vivre facilement avec les critiques.

Échangé des Leafs aux Penguins le 1er juillet dernier, Kessel profitera d’un nouveau départ. À 28 ans, il a encore le temps de redorer son blason et de redevenir un marqueur de 30 buts et plus. À Pittsburgh, il se retrouvera également dans un contexte bien différent de celui de son ancien environnement.

Les Penguins resteront encore l’équipe de Sidney Crosby et d’Evgeni Malkin. Aussi celle de Kristopher Letang et de Marc-André Fleury. Mais, pas nécessairement celle de Kessel.

«J’imagine qu’il est un joueur différent à Pittsburgh, a noté Crosby à la veille du premier match des Penguins devant leurs partisans. Je n’ai pas joué avec lui à Toronto, alors je connaissais mal son ancienne dynamique.»

«Je sais toutefois qu’il y a beaucoup de pression quand tu joues pour une équipe canadienne, a poursuivi Crosby. À Toron­to, c’est toujours intense. L’an dernier, les Maple Leafs ont connu des ennuis et il devait se sentir coupable. Un nouveau départ lui fera du bien.»

Après deux matchs, Kessel est l’unique marqueur des Penguins. Il a subtilisé la rondelle à Shane Doan pour déjouer Mike Smith d’un puissant tir dans un revers de 2 à 1 contre les Coyotes.

Encore en transition

Mike Johnston n’a pas adhéré à la théorie qu’il deviendra un ailier encore plus redoutable grâce à la présence d’autres gros noms à ses côtés.

«Je ne sais pas s’il tirera avantage du fait de jouer dans l’ombre de Crosby et de Malkin, je ne le connais pas encore assez bien, a souligné l’entraîneur en chef des Penguins. Je vois un joueur qui cherche à mener l’attaque. Il ne se retient pas. Il doit s’adapter à sa nouvelle équipe et à de nouveaux coéquipiers. J’ai bien aimé ses deux premiers matchs.»

Jouer avec le meilleur

Encerclé par une dizaine de journalistes après l’entraînement, Kessel a rappelé qu’il n’a pas trop changé, même s’il porte maintenant un troisième chandail différent dans la LNH. Il est toujours un homme de peu de mots.

«C’est excitant de jouer un premier match à Pittsburgh, a dit le numéro 81. Nous aurions voulu connaître un meilleur départ sur la route, mais il faut l’oublier.»

Questionné sur son désir de repartir sur de nouvelles bases à Pittsburgh, il a surtout axé sa réponse sur son bonheur de partager un trio avec Crosby.

«Je ne sais pas s’il s’agit d’un défi. J’ai maintenant l’occasion de jouer avec le meilleur joueur du monde. Ça me facilitera la vie. C’est un bon scénario pour moi.»

D’ici les prochains jours, Kessel aura pour mission de développer une bonne chimie avec celui qu’on surnomme encore «Sid the Kid» même s’il a 28 ans. Au cours des dernières saisons, Pascal Dupuis a souvent dit que c’était moins facile qu’on pouvait le croire de jouer avec Crosby.

David Perron peut aussi en témoigner.

«Ce n’est pas toujours évident de jouer avec un gars comme Sidney, a mentionné le Québécois. Il a tellement de gran­des attentes et de pression sur les épaules qu’il a parfois besoin de libérer cette tension. Il le fait parfois sur ses coéquipiers de trio! J’ai appris l’an dernier en jouant avec Sidney ou Gino (Malkin). Des fois, il faut que tu tiennes ton bout et tu ne dois pas avoir peur de lui dire que tu avais raison. Ce n’est pas évident de gérer toute la pression.»

► Les Leafs ont échangé Kessel, Tim Erixon, Tyler Biggs et un choix deuxième tour en 2016 pour les Penguins contre Nick Spaling, Kasperi Kapanen, Scott Harrington, un choix de premier tour et un choix de troisième tour en 2016. Les Maple Leafs paieront également 1,2 des 8 millions $ du salaire de Kessel pour les cinq prochaines saisons.