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Le message de Sylvain Carle pour le libre

Sylvain Carle
Photo d'archives

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L’ancien employé de Twitter et investisseur Sylvain Carle évalue aussi que le gouvernement québécois est timide concernant l’implantation et le développement des logiciels libres.

 

M. Carle a fait le discours de clôture du Salon du Logiciel libre du Québec, à Montréal la semaine dernière.

 

Là, ce n’est pas un dirigeant d’entreprise du libre, mais un investisseur qui lance le message.

 

En tant qu’investisseur en capital de risque, il peut évidemment avoir des intérêts financiers dans le libre. Mais, il ne travaille pas directement dans l’industrie du libre. Il n’est pas PDG d’une firme informatique en service conseil de logiciel libre. Il n’est plus au cœur du lobby du libre.

 

Il blague lui-même en disant être passé «du côté sombre de le force», maintenant qu’il est investisseur après avoir été entrepreneur durant de nombreuses années.

 

Originaire de Rimouski, Sylvain Carle a lancé plusieurs entreprises durant les années 2000 avant d’obtenir un poste d’évangéliste techno (ou relations avec les partenaires et au développement de marchés) avec Twitter, à San Francisco, de 2012 à 2014.

 

Il est ensuite revenu à Montréal lorsqu’il a été nommé directeur général de FounderFuel, l’incubateur de startups, affilié à Real Ventures, où M. Carle est aussi associé. Il est devenu une voix importante et un modèle au Québec pour les startups. À Silicon Valley, il était un intermédiaire important pour les Québécois.

 

Mais, autrement dit, Sylvain Carle n’a pas de mandat pour assurer le succès de l’industrie du libre. Son mandat, c'est plutôt, avec des leaders de la finance au Québec qui n’ont aucun lien avec le libre, être associé en tant que spécialiste des technologies au sein d’une firme de capital de risque qui investit et épaule des startups pour les faire grandir.

 

M. Carle a son histoire avec le libre. En 2003, il a été parmi les fondateurs de FACIL, une des associations québécoises faisant la promotion des logiciels libres. Il a aussi lancé quelques entreprises de services en logiciels libres. Il a travaillé avec l’Alliance numérique.

 

Propulsé par le libre

Dans sa conférence, il a tenu a souligné à quel point il était «flagrant» de constater à quel point «les logiciels libres était le moteur de la plateforme Twitter».

 

« Moins de 10 % des logiciels chez Twitter sont propriétaires», ajoute-t-il, soulignant que c’est la même chose avec Google et Facebook. «Tous les grands groupes en technologie ont des leaders en matière de logiciels libres», explique-t-il.

 

 Concernant les startups avec qui il travaille au Québec, M. Carle souligne que 90 à 95 % des logiciels utilisés sont des logiciels libres.

 

Acquérir, mais aussi maîtriser les systèmes

Pour les nouvelles ou petites entreprises, il explique que l’intégration des logiciels libres est plutôt déjà connue et réalisée. Mais pour les grandes entreprises, «ça prend un problème (qui facilite le changement) ou champion (du logiciel libre)», poursuit-il. « Ça passe toujours par un projet pilote».

 

Il en a d’ailleurs profité pour saluer les initiatives de la Ville de Montréal pour le libre.

 

Ensuite, lorsque les grandes organisations sont convaincues de l’importance du libre, M. Carle explique qu’il faut aussi passer d’une organisation qui acquiert des licences ou des heures de services en libre, à une organisation qui «est maitre d’œuvre des ses technologies, ses décisions, son développement, son renouvellement et son déploiement en continu».

 

Dans un contexte stratégique, «si on réfléchit un tant soit peu en nationaliste», lorsqu’on achète des logiciels propriétaires, ce sont des dollars qui sont envoyés ailleurs. Par contre,« si on déplace une main d’œuvre en logiciel libre d’ici, ce sont des dollars réinvestis dans l’économie locale. On s’en va dans  un système où on n’est pas pris avec un fournisseur dont on ne peut pas se débarrasser. Avec le libre, tu peux toujours te débarrasser de la main d’œuvre. Si le travail est bien fait, tu vas t’en débarrasser», ajoute-t-il, faisant référence au transfert de connaissance et de la maîtrise d’œuvre que le donneur d’ouvrage devrait toujours reprendre après avoir externalisé des services.  

 

Mais au Québec, «on est un peu devant un cul-de-sac», décrit Sylvain Carle. Les vertus du logiciel libre ont été prouvées partout ailleurs, mais pas au gouvernement du Québec, a-t-il laissé tomber.

 

Timide

« Je lance des pointes car je connais des gens qui travaillent très fort sur le logiciel libre au gouvernement du Québec (...) Je sais qu’il y a de super beaux projets.  Mais je trouve que c’est vraiment timide où on est après 20 ans par rapport à où l’on pourrait aller».

 

Il a aussi tenu à lancer un appel à la solidarité au sein du lobby du libre. « Je lance le défi à ceux qui font partie des associations de logiciel libre. Il faut travailler mieux ensemble. C’est incroyable comment on est fragmenté». Cette fragmentation, «elle ne sert pas aujourd’hui», ajoute-t-il, soulignant que les gens dans la salle devaient faire partie de la solution.