/news/currentevents
Navigation

Le pasteur soupçonné de maltraitance déménage

Le leader religieux, qui fait l’objet d’une enquête policière, a acquis une luxueuse résidence à Shannon

JOUR_ACTUALITES_V7
Photo Le Journal de Québec, Kathryne Lamontagne Sur la porte d’entrée de la maison où réside le pasteur qui fait l’objet d’une enquête ainsi que sa famille, une note exigeait que «tout journaliste» quitte la propriété «immédiatement».

Coup d'oeil sur cet article

Le pasteur baptiste faisant l’objet d’une enquête policière pour avoir maltraité des enfants dans son sous-sol a déménagé. Malgré des revenus annuels estimés à moins de 17 000 $, le leader religieux a récemment acquis une luxueuse résidence de Shannon pour 385 000 $.

Selon des documents obtenus par Le Journal, le pasteur — qui ne fait face à aucune accusation — a acheté avec son épouse cette nouvelle demeure en novembre 2014. Le couple y vit actuellement avec ses trois filles ainsi qu’un administrateur de l’Église évangélique baptiste de Québec-Est, selon nos informations.

Une visite du Journal sur les lieux a permis de voir non seulement la magnifique maison familiale, mais aussi de constater la présence d’un véhicule récréatif pratiquement neuf, d’une camionnette et d’une remorque fermée. «On ne les voit pas souvent. Les filles portent de longues robes. Ils partent la fin de semaine avec le campeur», a remarqué une voisine, qui n’avait eu aucun contact avec les nouveaux propriétaires.

Vente

S’il a emménagé à l’automne 2014 à Shannon, le pasteur ne s’est départi de son ancienne résidence de Québec qu’en juillet dernier. C’est dans le sous-sol de ce jumelé que des gestes de violence auraient présumément été posés envers de jeunes garçons gardés captifs, au cours des dernières années. Ces jeunes auraient été confiés au pasteur par leurs parents, des fidèles.

Un disciple baptiste de longue date a acheté le bâtiment pour 150 000 $. Le jeune homme a mis la main sur le jumelé pour 75 000 $ de moins que la valeur fixée par l’évaluation municipale.

Un salaire

Dans la déclaration publique effectuée par l’organisation religieuse à l’Agence du revenu du Canada, il est stipulé qu’un seul individu a été rémunéré en 2014. Sur les quelque 85 000 $ reçus en dons en 2014, l’Église baptiste — considérée comme œuvre de bienfaisance aux yeux du fisc — a versé 16 979 $ en salaire.

Tout porte à croire que c’est le leader — qui n’a aucune autre profession déclarée et connue que «pasteur» sur ses documents hypothécaires — qui aurait encaissé cette somme. Plus de la moitié des revenus de l’association sont allés à une «agence» à la «mission évangélique», basée en Indiana, aux États-Unis, et 44 %, soit plus de 36 000 $, seraient allés à des «programmes de bienfaisance».

Plusieurs tentatives ont été faites par téléphone afin de joindre le pasteur et ses proches, mais ceux-ci n’ont pas rappelé Le Journal. L’enquête, qui a débuté en 2014, se poursuit du côté du Service de police de la Ville de Québec.