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Rien ne se passe jamais comme prévu

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C’était une longue, mais finalement surprenante campagne. Dès les premiers jours, on annonçait une lutte serrée entre le Parti conservateur et le NPD. On prêtait au premier des ressources financières et un génie stratégique sans pareils. On croyait le second privilégié par un désir de changement, et plus encore par le désir d’en finir avec le gouvernement Harper, exécré par les médias. Les libéraux, eux, risquaient de déchoir en tiers parti. Quant au Bloc, on le destinait au cimetière des partis vaincus, déclassés par une nouvelle époque. Il terminerait enfin sa longue agonie.

C’était une longue, mais finalement surprenante campagne. Dès les premiers jours, on annonçait une lutte serrée entre le Parti conservateur et le NPD. On prêtait au premier des ressources financières et un génie stratégique sans pareils. On croyait le second privilégié par un désir de changement, et plus encore par le désir d’en finir avec le gouvernement Harper, exécré par les médias. Les libéraux, eux, risquaient de déchoir en tiers parti. Quant au Bloc, on le destinait au cimetière des partis vaincus, déclassés par une nouvelle époque. Il terminerait enfin sa longue agonie.

Renversement de tendance

Mais comme d’habitude, rien ne s’est vraiment passé comme prévu. On le sait, la question du niqab a bouleversé la campagne. Elle n’avait rien d’artificiel. Elle permettait de tester les valeurs profondes des politiciens. Thomas Mulcair s’y est engagé comme s’il posait le pied sur une mine surpuissante qui l’a déchiqueté.

La question du niqab a bouleversé la campagne et n’avait rien d’artificiel. 

Un grand nombre de ses électeurs, surtout au Québec, ne devinaient pas à quel point son parti adhérait profondément à l’idéologie des accommodements raisonnables. Il en a payé le prix en voyant ses rêves gouvernementaux se dissiper à grande vitesse. Le Bloc québécois en a profité pour renaître. L’identité, en politique, c’est payant.

Le retour de Trudeau

Et cette bonne nouvelle en charriait une mauvaise: le retour du Parti libéral, dirigé par Justin Trudeau. On aime dire qu’il a mené une bonne campagne. Mais les attentes n’étaient pas élevées. Car on l’anticipait catastrophique. Son succès confirme une chose: on peut parfaitement se rapprocher du poste de premier ministre sans avoir aucune profondeur politique. C’est la tyrannique société publicitaire.

S’il remporte ses élections, les Canadiens, en général, et les Québécois en particulier, pourraient être surpris: il y a pire, sur cette terre, que Stephen Harper.

 

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