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Une manne pour les archéologues

Fouilles au poste de traite de Chicoutimi

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Les trois années de fouilles archéologiques au poste de traite de Chicoutimi ont permis de trouver des artefacts surprenants, à commencer par un canif en pierre de 5500 ans.

«C’est une belle trouvaille. On ne s’attendait pas à trouver un canif préhistorique en fouillant dans les fondations du poste de traite, qui date du 17e siècle», confie l’archéologue Jennifer Gagné, rencontrée par Le Journal sur le site des fouilles.

Depuis l’été 2013, une équipe cherche à déterrer les vestiges de l’ancien poste de traite de Chicoutimi, situé à l’embouchure de la rivière Saguenay.

C’est le lieu de naissance de Chicoutimi, c’est un axe principal pour les routes du nord puisqu’il s’agit de la fin des voies navigables», précise l’archéologue.

En trois ans, plus de 100 000 artefacts ont été découverts par les archéologues. Parmi ceux-ci, on dénombre des morceaux d’armes, des bijoux, de la vaisselle, des os de castor, des pipes, une règle et bien d’autres choses.

«On essaie de reconstruire exactement les endroits où étaient situés les quinze bâtiments du poste de traite et on veut comprendre qui est passé par ici et qui y vivait», explique Mme Gagné.

Chaque artefact découvert est analysé en laboratoire afin de comprendre exactement ses origines.

Une partie de la collection est actuellement exposée à la Pulperie de Chicoutimi.

La modélisation 3D est utilisée par les archéologues afin de conserver toutes les étapes de leur travail et pouvoir les montrer au public.

15 bâtiments

En effectuant du repérage, en 2013, les archéologues ont retrouvé deux des quinze bâtiments qui constituaient le poste de traite de Chicoutimi.

«Le travail est loin d’être terminé. Imaginez, ça fait trois ans que nous cherchons dans la même maison et il y en a 15», soutient Mme Gagné.

Les archéologues ont retrouvé l’endroit ou avaient été construites et démoli les trois chapelles. La terrasse des chapelles, le premier bâtiment, regorge de découvertes.

«On fouille pour retrouver les trois fondations et retracer l’histoire. La première chapelle date de 1676, la deuxième de 1721 et la dernière date de 1892. Elles ont toutes été construites une par-dessus l’autre. On retrouve des couches de bois brûlé et du matériel et c’est ce qui nous confirme que nous sommes au bon endroit, c’est complexe», explique l’archéologue, Jennifer Gagné.

Les archéologues ont également retrouvé les fondations d’une résidence, qui aurait pu être utilisée comme commerce.

«Le matériel retrouvé date de 1740 à 1780, sauf que quelques éléments sont plus anciens et d’autres plus récents. On retrouve trop souvent des perles de verre pour que ce soit une utilisation personnelle», précise-t-elle.

300 sites découverts

Les fouilles actuelles se concentrent sur l’histoire du poste de traite, toutefois les archéologues comptent bien se concentrer sur les découvertes préhistoriques dans les prochaines fouilles.

De nombreuses trouvailles seraient, selon Jennifer Gagné, cachées dans la région. Jusqu’à maintenant, 300 sites archéologiques ont été découverts et «ce n’est qu’un début».

«Ça fait plus de 7000 ans que l’occupation n’a jamais arrêté ici; selon nous, c’est logique que nous cherchions des souvenirs de nos origines», explique Mme Gagné.

La naissance­ de la région

L’histoire de la région débute officiellement en 1671 avec l’établissement du poste de traite de Chicoutimi, situé dans le havre naturel de la rivière Chicoutimi, à l’embouchure de la rivière Saguenay. Sa présence était devenue nécessaire puisque le poste de Tadoussac était alors en déclin.

Le poste de traite de Chicoutimi, qui est devenu un site patrimonial en 1984, est un ancien établissement servant au commerce des fourrures actif du XVIIe siècle au XIXe siècle.

Les comptoirs, qui avaient été érigés en bordure du cours d’eau, servaient au troc des fourrures avec les Amérindiens ainsi qu’à l’entreposage, au triage et à l’emballage des pelleteries avant d’être envoyé vers l’Europe.

L’emplacement est également un lieu de fréquentation amérindienne préhistorique.

Le poste de traite a été utilisé jusqu’en 1856, il a ensuite laissé sa place au Price pour le commerce du bois.

Vestiges

Les terres entourant la rivière Chicoutimi regorgent de trouvailles extraordinaires.

Des archéologues cherchent actuellement des vestiges amérindiens et européens sur le terrain accidenté couvert d’arbustes, un territoire qui fait plus 60 000 mètres carrés au bord de la rivière.

Le poste a été habité par quelques Français et Canadiens.

 

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