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Une sale campagne

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Cette campagne électorale marquera le temps, car ce fut celle où tous les coups fourrés furent permis.

Cette campagne électorale marquera le temps, car ce fut celle où tous les coups fourrés furent permis.

Jamais dans l’histoire politique canadienne n’aura-t-on assisté à une telle fronde carabinée et un tel niveau de propagande haineuse contre un gouvernement sortant.

Pour les syndicats, la fin a justifié les moyens. Et infirmières, professeurs, fonctionnaires, gars de la construction, bref tout ce qui bouge de syndiqués au Québec, ont reçu par la poste ou par courriel LE mot d’ordre syndical: défaire Harper à tout prix!

«Il faut voter pour un parti qui défend les travailleurs.»

Les membres ont-ils été consultés, un à un? Jamais! L’urgence de la cause fut plaidée. Et on a roulé à fond la caisse à même la caisse, car c’est le soi-disant intérêt supérieur de la gang qui prime.

Cabale syndicale totale

Pour les unions, Harper aura été le roi des emmerdeurs.

Bien sûr, la littérature des mouvements Stop Harper est remplie d’allusions à l’écologie et aux pipelines, mais, au fond, ce que la constellation autoproclamée progressiste combat, c’est la loi sur la transparence syndicale et l’élimination du crédit d’impôt supplémentaire donné aux fonds de travailleurs comme le Fonds de solidarité de la FTQ.

Menée justement par la FTQ, la cabale de diabolisation à gros crayons fut totale et, n’ayons pas peur des mots, des sommes astronomiques issues des cagnottes des travailleurs ont été carrément détournées pour orienter le vote et pirater l’élection de lundi.

Non seulement la Loi électorale a-t-elle été bafouée, mais l’intelligence des syndiqués aura été piétinée. Ces derniers n’auront servi, au fond, que de vulgaires vaches à lait et de dociles moutons guidés par les vertueux «bien-pensants progressistes».

Un ennemi à deux têtes

La fronde anti-Harper en fut une à deux pôles, l’autre tête de l’hydre étant Radio-Canada/CBC.

Soumis à des compressions – comme tous les autres départements de l’État canadien d’ailleurs –, le réseau public a ruminé et cultivé longtemps sa vengeance.

À partir des hauts dirigeants, jusqu’aux syndiqués.

La CSN et les autres syndicats ont conclu une alliance formelle avec le groupe de pression «Les Amis de Radio-Canada», un mouvement animé par le syndicat des employés de la société et donc, par conséquent, par les employés de la salle des nouvelles affectés à la couverture électorale.

Le jupon, par moments, dépassait un peu, et par moments il ne restait que le jupon.

Dans le ton, les commentaires, les panels d’invités, la riposte fut totale et complète, tournant Harper en dérision à tout moment dans les dernières semaines et donnant un profil subtilement avantageux à Justin Trudeau qui, ô hasard, a justement promis d’ajouter 35 M$ à sa promesse d’annuler les compressions de 115 M$ de Stephen Harper.

Drapés des vertueuses étoles de la défense des travailleurs et de la production d’émissions d’information de qualité, ces deux acteurs principaux de la campagne auront versé dans le militantisme obtus et le matraquage corporatiste sans vergogne.

La sale besogne commise, ne reste maintenant qu’à juger de leur véritable influence.