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Duceppe: le Jacques Plante de la politique

Gilles Duceppe a été accompagné de sa conjointe Yolande Brunelle pendant toute la campagne.
Régys Caron Gilles Duceppe a été accompagné de sa conjointe Yolande Brunelle pendant toute la campagne.

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À la veille du scrutin, Gilles Duceppe se sent comme le gardien de but étoile Jacques Plante, qui était sorti de sa retraite en 1967 pour gagner le trophée Vézina avec Glenn Hall et les Blues de Saint-Louis, en 1969.

C'est le nom qui est venu à l'esprit de Gilles Duceppe quand un journaliste lui a demandé de faire une analogie entre son retour en politique et la scène sportive. Comme l'avait fait Jacques Plante, Gilles Duceppe a interrompu sa retraite politique en répondant à l'appel de Mario Beaulieu, qui lui demandait, en juin 2015, de reprendre prestement la barre du Bloc québécois.

Âgé de 68 ans, M. Duceppe est le doyen des chefs de partis politique à cette élection fédérale.

«Je ne me suis pas senti comme une recrue si on veut parler de sport, je me suis senti comme Jacques Plante qui avait pris sa retraite et qui est revenu dans les buts avec les Blues de Saint-Louis pour gagner le Vézina. Je ne suis pas revenu pour perdre», a commenté le chef du Bloc, après avoir pris le petit déjeuner en compagnie d'une centaine de militants à Trois-Rivières.

Yolande

Pendant les 78 derniers jours où il a courtisé les électeurs, Gilles Duceppe a fait campagne avec la présence discrète de sa conjointe Yolande Brunelle. «C'est mon véritable amour, je pense que je le suis aussi pour elle. On a parlé aux enfants à tous les jours, Amélie et Alexis, les deux donnent un bon coup de main.»

La présence de Yolande Brunelle au côté du chef bloquiste n'a rien du calcul politique, assure Gilles Duceppe. «C'est la première fois qu'elle pouvait le faire, dans la passé elle était soit directrice d'école ou enseignante. Yolande est là comme militante, elle participe au comité de stratégie, elle a milité au Rassemblement des citoyens de Montréal, au PQ, au Bloc, elle a été élue commissaire d'école, elle fait de la politique depuis longtemps.»

«Notre 27% est plus fort»

Selon une source interne du Parti, les bloquistes nourrissent des espoirs, petits et grands, dans 26 circonscriptions. Le dernier sondage Léger leur donne 27% des intentions de vote dans l'électorat francophone, à égalité avec les libéraux et le NPD. Une augmentation de 1% peut leur permettre de rafler trois comtés supplémentaires, ont confié d'autres sources internes. Ils ont besoin de faire élire 12 députés pour être reconnus comme un parti politique à la Chambre des communes.

Bien que le Bloc soit à égalité les libéraux et le NPD, ses chances de gagner dans l'électorat francophone sont meilleures, croit le député bloquiste Louis Plamondon. «Notre vote est concentré dans les comtés francophones; chez M. Trudeau, sa clientèle est anglophone à Montréal, il faut quasiment lui enlever cinq points; M. Mulcair aussi; notre 27% est plus fort qu'un 27% libéral ou NPD», a confié celui qui en est à sa 10e campagne électorale, ce qui en fait le doyen de la Chambre des communes.

L'humeur des électeurs a considérablement changé depuis le début de la campagne, soutient M. Plamondon. «L'enthousiasme est là. Au début d'août, quand on a choisi notre candidat, c'était tranquille, tandis que là c'est vivant au bout. Il y a des comtés qui vont se gagner par 100 ou 150 voix, ça peut aller d'un bord ou l'autre», prévoit M. Plamondon.

En cette dernière journée de campagne électorale, Gilles Duceppe est parti de Québec dimanche matin pour s'arrêter à Trois-Rivières, Sherbrooke, Saint-Jean-sur-Richelieu et il a terminera sa campagne devant une centaine de partisans entassés dans un bar de la rue Saint-Denis, situé dans le comté de Laurier-Sainte-Marie à Montréal, où il tente de déloger la néodémocrate Hélène Laverdière.