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Assurance-emploi: des travailleurs doivent rembourser jusqu’à 6000 $

Des travailleurs du Centre de tri de Grande-Rivière doivent rembourser entre 2000 $ et 6000 $ à l’assurance-emploi alors qu’ils participaient de bonne foi à un système de travail à temps partagé.
Photo collaboration spéciale, Nelson Sergerie Des travailleurs du Centre de tri de Grande-Rivière doivent rembourser entre 2000 $ et 6000 $ à l’assurance-emploi alors qu’ils participaient de bonne foi à un système de travail à temps partagé.

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GRANDE-RIVIÈRE – Seize travailleurs du Centre de tri de Grande-Rivière, en Gaspésie, ont reçu une facture variant entre 2000 et 6000 $ au cours des dernières semaines de la part de Service Canada. Ils paient le prix d’un système de partage du temps mis en place par leur employeur qui croyait agir de bonne foi.

Jusqu’en 2012, un système de rotation faisait en sorte que huit travailleurs étaient à l’œuvre dans l’entreprise alors que les huit autres touchaient des prestations d’assurance-emploi.

Toléré depuis 13 ans, Service Canada a refusé au début de 2013 ce principe d’alternance.

«L’enquête a commencé en 2012 et les sanctions sont tombées cette année, explique le conseiller syndical à la CSN, Jean-Sébastien Martineau. Dans le cas de la personne qui a reçu une facture de 6000 $, elle est en chômage maladie. La façon est sauvage : Service Canada va chercher directement 50 % de la prestation dès qu’il y a un avis de dette, sans savoir qu’il y a un jugement contre lui.»

Pour le syndicat, cette enquête de Service Canada est faite «pour des raisons qui semblent aberrantes. Les travailleurs ont participé sans le savoir à une forme de vol de l’assurance-emploi».

«Les travailleurs ne réagissent pas bien. C’est vraiment incompréhensible. C’est surtout la manière dont les gens sont coupés avant d’avoir eu la chance de contester. C’est ce que je dénonce», explique le président du syndicat, Yvanhoé Beauchamps.

Selon le syndicaliste, la direction a envoyé une lettre à Service Canada expliquant la situation, mais elle «n’a pas l’intention d’aider les travailleurs».

Contestation

La CSN a déposé des avis de contestations.

«On trouve ça spécial que des employés aient des factures à payer alors que c’est un système qui fut mis en place par les préfets et maires de l’époque. C’est le politique qui avait mis ce système en place pour permettre d’avoir plus de gens au travail», souligne M. Martineau qui exige que les politiciens fassent partie de la solution.

Le système d’alternance entre le travail et l’assurance-emploi a été aboli depuis ce temps. Huit personnes travaillent maintenant à l’année. Les autres ont perdu leur emploi.

La direction du centre de tri n’a pu être jointe par Le Journal.