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«Tassez-vous les mononcs!»

Sans doute sincère et certainement proche des gens, Justin Trudeau a su semer l’optimisme d’un océan à l’autre.
Photo AFP Sans doute sincère et certainement proche des gens, Justin Trudeau a su semer l’optimisme d’un océan à l’autre.

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Cette fois, le changement de la garde à Ottawa ne sera pas qu’un jeu de chaises musicales pour remplacer un premier ministre usé par un premier ministre frais et reposé. Nous assisterons à une transformation générationnelle d’envergure.

Cette fois, le changement de la garde à Ottawa ne sera pas qu’un jeu de chaises musicales pour remplacer un premier ministre usé par un premier ministre frais et reposé. Nous assisterons à une transformation générationnelle d’envergure.

Cette élection marque le début de la fin du règne politique de la génération d’après-guerre, les baby-boomers, qui seront éventuellement tous remplacés par de jeunes ambitieux nés après 1960, membres de la célèbre génération X. Inévitable, que cela plaise ou non.

En termes crus, c’est l’heure du «Tassez-vous les mononcs!»

Une autre génération

Ça se sent: plusieurs boomers ressentent de l’amertume face à cette passation des pouvoirs aux plus jeunes. Ma génération a toujours pensé que le temps n’avait pas d’emprise sur elle. Qu’elle serait toujours dans le coup. Qu’elle serait toujours au pouvoir. Qu’elle vivrait éternellement.

Mais un jour, les puissants du baby-boom se feront tous dépasser sur l’autoroute du pouvoir par un jeune blanc-bec au volant d’une rutilante voiture sport électrique, époque oblige. On les entend crier «Hey le kid, tu vas où comme ça?» Mais, cheveux au vent et les yeux fixés sur l’horizon, notre blanc-bec ne les entend pas. Il fonce. Il croit.

Lundi soir, la jeunesse et la confiance dans l’avenir ont triomphé du pessimisme. Sans doute sincère et certainement proche des gens, Justin Trudeau a su semer l’optimisme d’un océan à l’autre. Ce qu’un Stephen Harper fatigué n’a pu faire, empêtré dans ses scénarios de catastrophes mouture années 50, comme des bordels à tous les coins de rue, du pot vendu aux enfants dans les dépanneurs et des terroristes dans tous les placards.

Présence internationale

Dans quelques semaines, Justin Trudeau fera sa première sortie internationale lors du G20 en Turquie. Il ne sera pas le plus jeune chef d’un gouvernement à y prendre part, cette distinction revient à Matteo Renzi d’Italie, 40 ans, dont le surnom, Il Rottamatore (le démolisseur) dénote sa volonté de se débarrasser de la vieille classe dirigeante...

Membre en règle de la génération X, Justin sera en bonne compagnie avec Barack Obama, David Cameron, le premier ministre de Grande-Bretagne, Joko Widodo, président de l’Indonésie et Enrique Pena Nieto, président du Mexique, tous nés après 1960. Avec l’avantage indéniable de posséder le charisme d’une rock star. Parions qu’Angela Merkel, et pas seulement elle, sera séduite.

Justin ne nous fera pas honte, au contraire. Le Canada vient de prendre du galon sur le glamour-o-mètre international.

La politique autrement

Sera-t-il à la hauteur des espoirs qu’il suscite? Tiendra-t-il ses promesses? Saura-t-il satisfaire le Québec? Il serait bête d’espérer autre chose, mais il fera au moins aussi bien que ses prédécesseurs.

Je crains beaucoup plus que la grosse machine appelée Ottawa cherche à écraser son humanisme pour en faire un petit robot du pouvoir. Heureusement, je peine à imaginer un Trudeau en laquais des lobbys. J’entrevois chez Justin Trudeau un réel désir de faire de la politique autrement, moins guindé, plus intuitif, mais avec méfiance quand même, à l’image de sa génération à qui on a beaucoup promis, mais peu livré et qui peine à trouver sa place sur les bancs du pouvoir. Mais au Canada, le vent vient de tourner.

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