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L’héritage évaporé

L’héritage évaporé
Photo d'archives, Reuters

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Alors que le nouveau premier ministre du Canada s’installe dans ses fonctions, l’heure est au bilan de la décennie Stephen Harper. Les gouvernements conservateurs qu’il a dirigés ont changé beaucoup de choses au Canada.

Alors que le nouveau premier ministre du Canada s’installe dans ses fonctions, l’heure est au bilan de la décennie Stephen Harper. Les gouvernements conservateurs qu’il a dirigés ont changé beaucoup de choses au Canada.

Je sais qu’il y a une école de pensée au Québec voulant que Stephen Harper n’ait rien fait de bon. Je n’en suis pas. Il avait ses défauts, certains même caricaturaux, mais il a aussi accompli nombre de choses utiles pour le Canada.

Cependant, ma grande frustration est de constater que nous, les Québécois, sommes les seuls à ne pas avoir pu profiter de ce qui m’apparaît peut-être le plus gros bon coup du gouvernement sortant.

Vous vous demandez quelle injustice a bien pu être commise pour que nous, pauvre société distincte, puissions avoir été oubliés. Il s’agit de la baisse de la TPS de points. Comme promis, le taux de la TPS qui était de 7 % avant le gouvernement Harper a été abaissé à 5 % depuis le 1er janvier 2008.

Nous en avons profité pendant une brève période. Mais deux ans plus tard, le gouvernement du Québec, aux prises à nouveau avec des difficultés à boucler son budget, annonçait qu’il annulait la baisse en haussant la TVQ du même 2 %. Officiellement, le gouvernement Charest nous avait expliqué à l’époque que l’effort devait servir à éliminer le déficit causé par la crise financière. Dans les faits, le nouveau taux de 9,975 % ne baissera pas avec l’atteinte de l’équilibre budgétaire.

C’est donc que les quelque deux milliards que procurent approximativement deux points de TVQ se retrouvent maintenant engloutis dans le budget de fonctionnement annuel du gouvernement du Québec. Faute de revoir notre argent, à titre de contribuables, nous pouvons tirer plusieurs leçons de cet épisode de notre vie politique.

C’est notre argent!

Revoyons le film des événements. Le ministre québécois des Finances nous annonce en 2010 qu’il va hausser la TVQ de deux points, c’est-à-dire «occuper l’espace fiscal cédé par le fédéral».

Notez les mots: ce n’est pas notre argent que le fédéral nous laisse pour vivre et faire vivre nos familles. C’est un espace fiscal!

Selon cette thèse, toute baisse de taxe ne nous appartiendrait pas vraiment, mais serait un espace potentiel de taxation future pour un autre palier de gouvernement affamé.

Deux pour cent de taxe en moins sur tous les achats représente facilement entre 500 et 1000 dollars chaque année pour les ménages. De l’argent qui serait bienvenu dans bien des foyers. Le plus triste, c’est que cette décision du gouvernement Charest n’a pas été critiquée, mais plutôt applaudie par l’opposition péquiste à l’époque. Il n’y a qu’au Québec dans le monde où l’on peut assister à un semblable scénario.

Société distincte

En résumé, avec cette seule décision, Stephen Harper laisse en héritage des centaines de dollars annuellement disponibles dans les poches des ménages des autres provinces. Dans notre société distincte, cet héritage a été saisi. Il est devenu un «espace fiscal occupé par notre bon gouvernement québécois». Il nous reste à espérer que notre gouvernement dépense cet argent de meilleure façon que nous le ferions nous-mêmes. Pas sûr...

 

 

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