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Le gouvernement embauchera 500 informaticiens

Québec lance un blitz d’embauche de trois semaines

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Photo Rainier Ehrhardt

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En pleine négociation avec les employés de l’État, le gouvernement du Québec annoncera aujourd’hui qu’il veut 500 nouveaux fonctionnaires spécialisés en informatique, et ce, au plus vite.

Par son site internet carrieres.gouv.qc.ca, Québec enclenche un blitz d’embauche de trois semaines qui se terminera le 20 novembre, a appris notre Bureau d’enquête.

L’an dernier, Québec a déboursé près d’un milliard de dollars pour payer les consultants privés en informatique, ce qui correspond à près de 150 $ par citoyen.

Le gouvernement veut réduire sa dépendance au privé en augmentant le nombre d’informaticiens à l’interne. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, l’a martelé à maintes reprises.

L’organisme gouvernemental responsable des grands projets informatiques, le Centre des services partagés, a remercié la moitié de ses consultants privés lors des derniers mois. L’industrie privée de la consultation informatique est au ralenti, ce qui pourrait aider au recrutement à l’interne.

En septembre, notre Bureau d’enquête avait révélé que Québec se préparait à octroyer 1000 nouveaux postes de fonctionnaires spécialisés en informatique. Or, l’annonce d’aujourd’hui ne concerne pas de nouveaux postes, mais vise plutôt, d’abord, à pourvoir des postes existants qui sont libres. Et les efforts pour les pourvoir étaient insuffisants. C’est pourquoi Québec veut faciliter les processus d’embauche avec ce blitz.

Insuffisant, dit le syndicat

Reconnaissant que cette annonce a une odeur de stratégie pendant les négociations avec les employés de l’État, le président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron, souligne qu’il «ne peut pas être contre».

«Mais, compte tenu du fait qu’on s’était entendu en 2012 avec le gouvernement pour ajouter 1500 postes, c’est insuffisant», tranche-t-il.

«Le fait qu’on a 500 postes qui ne sont pas pourvus présentement, ça démontre le laxisme du gouvernement», signale M. Perron. «Ce n’est pas un pas dans la bonne direction. C’est juste de se remettre debout.»

En raison des négociations, Québec refuse de dire s’il acceptera d’augmenter les salaires en informatique pour faciliter le recrutement à l’interne, puisque les salaires sont souvent plus intéressants au privé. Si Québec obtient peu de candidatures et qu’elles ne sont pas de qualité, le gouvernement aura une partie de sa réponse.