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Le gouvernement, un «club-école» pour le privé

L’embauche de 500 informaticiens par Québec est un ballon d’essai, selon le député caquiste Éric Caire

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Photo d’archives, Jean-François DESGAGNÉS «Le gouvernement essaie de démontrer qu’il n’a pas besoin d’augmenter les salaires des informaticiens pour rebâtir l’expertise», selon le député de la CAQ, Éric Caire.

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La Coalition avenir Québec (CAQ) croit que le blitz d’embauche du gouvernement pour le recrutement de 500 nouveaux fonctionnaires en informatique fera de la «fonction publique un club-école» des firmes privées.

Comme notre Bureau d’enquête l’a révélé plus tôt, le gouvernement vient de mettre en ligne sur son site internet carrieres.gouv.qc.ca un processus de recrutement intensif de trois semaines (jusqu’au 20 novembre) afin de dénicher 500 nouveaux informaticiens à l’interne.

Le gouvernement veut réduire sa dépendance au privé en augmentant le nombre d’informaticiens à l’interne. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, l’a martelé à maintes reprises.  L’an dernier, Québec a déboursé près de 1 milliard $ pour payer les consultants privés en informatique, soit près de 150 $ par citoyen.

«Le gouvernement souhaite rehausser son expertise à l’interne», a déclaré le ministre Coiteux par communiqué de presse, mercredi. «Le gouvernement souhaite réduire de façon responsable le nombre d’effectifs dans l’administration publique, mais cela ne doit pas se faire au détriment des postes clés à valeur ajoutée pour l’État et pour les citoyens», ajoute-t-il.

L’embauche de ces 500 informaticiens n’est pas chose faite. Le recrutement est particulièrement difficile dans ce domaine où les salaires sont souvent plus importants du côté des firmes privées. C’est pourquoi le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec exige que les salaires des fonctionnaires, dans le domaine informatique, soient augmentés afin de rivaliser avec le privé. C’est aussi l’avis de la CAQ.

Un «ballon d'essai»

«Pour moi, c’est un ballon d’essai», évalue le député caquiste, Éric Caire. «Le gouvernement essaie de démontrer qu’il n’a pas besoin d’augmenter les salaires des informaticiens pour rebâtir l’expertise.»

Le député remarque qu’il n’y a pas de critères d’expérience exigés pour ces emplois. Il est aussi écrit dans les conditions d’admission qu’«une personne est également admissible si elle est en voie de terminer la dernière année de scolarité exigée pour l’obtention du diplôme requis».

«Ça veut dire que le gouvernement va peut-être réussir à embaucher d’ici le 20 novembre 500 étudiants qui terminent leur scolarité», lance Éric Caire. «Est-ce qu’on appelle ça rebâtir l’expertise? Quelle est l’expertise d’un jeune fraîchement diplômé.»

«On va les former et quand ils vont avoir de l’expérience, ils vont aller au privé», ajoute-t-il, expliquant pourquoi il juge que la fonction publique deviendra un club-école pour le privé.

«Combien d’informaticiens avec plus de cinq ans d’expérience et plus vont être embauchés? J’ai hâte de voir!»