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Survivant d’une fusillade, l’ex-hockeyeur Dannick Lessard réclame 3,2 millions $

Dannick Lessard
PHOTO FACEBOOK Dannick Lessard

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Atteint par neuf balles lors d’une fusillade près d’un bar de Mirabel, Dannick Lessard réclame un dédommagement de 3,2 millions $ aux autorités fédérales qui ont libéré le présumé tireur du pénitencier et qui auraient négligé de le surveiller.

Dans sa poursuite déposée lundi au palais de justice de Montréal, l’ex-hockeyeur allègue que le matin de la fusillade survenue à l’automne 2012, Ryan Wolfson était «illégalement en liberté depuis deux mois» après s’être sauvé de la maison de transition où il avait l’obligation de demeurer.

Lessard, 37 ans, reproche non seulement au Service correctionnel du Canada (SCC) d’avoir «manqué grossièrement à son devoir de surveillance de Wolfson» mais il prétend que la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) n’aurait jamais dû permettre au présumé tireur de quitter le pénitencier, au printemps de la même année.

Il a cru mourir

La nuit du 2 octobre 2012, Lessard — qui est aujourd’hui l’un des propriétaires des Prédateurs de Laval, dans la Ligue nord-américaine de hockey, après avoir joué 480 matchs dans ce circuit professionnel et y avoir livré 493 combats — avait été pris en cible dans le stationnement du bar de danseuses Le Garage, à Mirabel, où il travaillait alors comme gérant.

«Sur les 14 balles tirées, neuf ont touché Lessard, qui a heureusement bloqué trois balles visées à sa tête avec son bras droit», écrit son avocat, Me James Leinhos, dans la poursuite.

Un projectile de calibre 10 mm a traversé son poumon gauche et un autre lui a transpercé l’aine pour ressortir par sa fesse droite. Il a aussi été atteint dans les côtes, dans une cuisse, dans le dos et dans l’épaule droite.

«Lessard a cru mourir de ses blessures et a craint ne jamais voir naître ou grandir son fils, sa conjointe à l’époque étant enceinte de sept mois», précise-t-on dans ce document de cour.

Dannick Lessard
Photo Courtoisie

Représailles

Le demandeur allègue n’avoir «aucun doute» que cette tentative de meurtre «était en représailles» à son témoignage contre Benjamin Hudon-Barbeau, un ex-synpathisant des Hells Angels qui avait été accusé d’un double meurtre commis en 2006 dans une boîte de nuit du centre-ville de Montréal, où Lessard travaillait alors comme portier.

Dannick Lessard a été plongé dans un coma forcé durant une semaine. Il a ensuite subi plusieurs chirurgies, passant «environ 35 heures» sur la table d'opération.

Il gardera des séquelles de ses blessures «jusqu’à la fin de ses jours», notamment à son bras droit qui reste «bloqué» dans un angle de 45 degrés.

De plus, il doit consulter un psychologue depuis deux ans et demi pour traiter «les symptômes d’un trouble de stress post-traumatique relié à l’attentat».

Dannick Lessard
Photo Courtoisie

Risque de récidive élevé

Lessard reproche à la CLCC d’avoir octroyé à Wolfson sa libération d’office après avoir purgé les deux tiers d’une peine de deux ans d’incarcération pour vols par effraction, en mars 2012.

Wolfson avait pourtant des antécédents judiciaires de tentative de meurtre, de voies de fait graves et d’évasion, en plus d’être connu pour sa toxicomanie. Le détenu n’avait «complété aucun programme de réhabilitation» et la CLCC était supposément avisée que Wolfson «posait un risque élevé» de récidive dans un crime avec violence, selon le demandeur.

«N’eut été la négligence grossière et les manquements graves à leurs devoirs par la CLCC et le SCC (...), Lessard n’aurait pas été victime de l’attentat», prétend son avocat.

Arrêtés et accusés quelques semaines après la fusillade, Hudon-Barbeau — qui s’était ensuite évadé de la prison de Saint-Jérôme en hélicoptère, en mars 2013 — et Wolfson attendent toujours d’être jugés relativement à cette affaire.

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