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Les enfants à modeler

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Ne voyez-vous pas comme moi que nos enfants sont carrément devenus de vulgaires pions dans ce jeu d’échecs syndical?

Ne voyez-vous pas comme moi que nos enfants sont carrément devenus de vulgaires pions dans ce jeu d’échecs syndical?

Cette semaine, la manipulation syndicale a atteint un niveau tel qu’elle devrait soulever un mouvement d’intense indignation populaire partout au Québec.

Depuis 30 ans, une loi interdit la publicité aux enfants de moins de 13 ans. Mais la loi est un gruyère.

Car nous avons atteint le fond du baril (ou peut-être pas encore...).

Pâte à modeler syndicale

Après les chaînes humaines à la rentrée scolaire, on a eu droit au témoignage vidéo du fils du comédien Mathieu Gratton, dicté par son père qui interpelle directement le premier ministre («Comment dormez-vous le soir, monsieur Couillard?»), aux fêtes d’Halloween annulées dans des écoles hier, et même à la distribution de... pâte à modeler aux couleurs de la CSN dans les centres de la petite enfance, où les employés ne sont pourtant même pas encore en moyens de pression.

Vous me direz que ce n’est pas la première fois que la CSN tente de laver le cerveau des petits et vous avez raison. Dans les années 70, en temps de grandes turbulences sociales, à mon école primaire, je me souviens d’avoir dû colorier le «bretzel» de la CSN dans un cours d’art plastique...

Mais actuellement, l’exercice d’instrumentalisation est poussé à l’extrême, sans pudeur aucune.

Tordue et possiblement désespérée, la CSN a profité d’un trou dans la loi sur la protection du consommateur pour atteindre directement notre progéniture.

«Regarde, papa, comment la CSN est fine! Ils m’ont donné de la pâte à modeler pour faire de beaux bonshommes!»

Depuis 30 ans, une loi interdit la publicité aux enfants de moins de 13 ans. Mais la loi est un gruyère.

Sous le régime actuel, par exemple, Vachon ne pourrait pas faire la promotion de muffins 100 % grains entiers, Jean Coutu ne pourrait pas dire aux petits de prendre leurs vitamines. Par contre, la CSN a entièrement le droit de s’adresser directement à vos bambins pour leur dire que le gouvernement n’est pas fin et que c’est le syndicat qui a raison!

Des crayons du PLQ ?

Dans la brochure sur l’interdiction de publicité chez les enfants, l’Office de la protection du consommateur (OPC) énonce que l’enfant n’arrive pas à faire la distinction entre un message publicitaire et une information.

Le petit, ici, gobe la propagande prémâchée de la CSN et l’assimile à une information amicale, à la vérité.

L’OPC confirme qu’en bas âge, «le jugement de l’enfant n’est pas assez développé. C’est pourquoi il a tendance à percevoir et à accepter ces messages comme étant la représentation de la réalité.»

Mais qu’est-ce que nos politiciens attendent pour modifier cette loi et colmater cette brèche?

Afin d’endiguer tout risque de manipulation, de part et d’autre?

Le fait que des éducatrices dûment formées aient distribué ce matériel est choquant. Un tel manque de jugement dans une telle position laisse songeur.

Afin d’éviter que les CPE deviennent des camps de formation pour petits revendicateurs, il est impératif que des élus de l’Assemblée nationale rafraîchissent cette loi.

Pour freiner toute manœuvre louche de séduction idéologique.

Et surtout, par amour pour nos enfants.

 

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