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Un Camerounais déneigeur

Aurélien Kamdem est 100 % adapté à son milieu

Arrivé au Québec en 2009, Aurélien Kamdem vit maintenant grâce à l’hiver.
photo pierre-paul biron Arrivé au Québec en 2009, Aurélien Kamdem vit maintenant grâce à l’hiver.

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Aurélien Kamdem a grandi sous le soleil du Cameroun. Avant 2009, il n’avait jamais vu un flocon de neige. Aujourd’hui, il gagne sa vie... comme déneigeur à Saguenay.

Services Experts Saguenay a été lancé l’an dernier par M. Kamdem et son associé, Jérémie Savard. Les deux hommes n’avaient jamais fait de déneigement et sont partis de rien.

«C’est toute qu’une expérience, lance d’emblée Aurélien Kamdem. Il n’y a pas d’école de déneigement; on doit tout apprendre sur le tas.»

L’adaptation était certes plus grande pour l’immigrant qui n’avait jamais vu la neige avant son arrivée en 2009.

«Le premier hiver à Sherbrooke, je ne suis pas sorti pantoute. Je ne voulais rien savoir, avoue M. Kamdem. L’hiver suivant, je suis arrivé au Saguenay, j’ai essayé des activités extérieures. C’est là que j’ai découvert pour vrai l’hiver et je suis tombé en amour.»

L’homme de 42 ans est bien conscient qu’un immigrant africain qui fait du déneigement à Saguenay n’est pas monnaie courante.

«Les gens doutaient au départ. On a effectué du porte-à-porte pour faire signer nos 110 clients de l’an dernier et ils y ont cru seulement quand ils ont vu le tracteur arriver la première fois», souligne M. Kamdem.

Fier de sa réussite

L’entrepreneur est évidemment bien fier d’avoir remporté son pari même si le défi était grand.

«C’est facile d’arriver et d’aller porter des CV en attendant qu’on nous rappelle. C’est pour ça que je voulais tant partir cette entreprise, je voulais être de l’autre bord et être celui qui reçoit des CV.»

Il aimerait maintenant voir d’autres immigrants faire le saut en affaires comme lui a eu le courage de le faire.

«Ce n’est pas facile, l’entrepreneuriat, peu importe d’où on vient. Immigrant ou pas, le client attend un service, tout simplement. Tant mieux si des immigrants le font, parce que ça en prend. Surtout au Saguenay où il n’y en a pas assez», confie Aurélien Kamdem.

L’homme d’affaires insiste pour dire que les nouveaux arrivants doivent s’impliquer dans leur milieu.

«En tant qu’immigrants, on ne cherche qu’une société meilleure, confie M. Kamdem. Une des façons d’y arriver, c’est de créer nous-mêmes une activité économique qui entraîne de l’emploi.»