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Le pacte du shérif Caire

La CAQ présente son plan pour améliorer l’efficacité de l’État

Eric Caire
Photo Journal de Québec, Simon Clark Le député caquiste Éric Caire a présenté lundi un «pacte de responsabilité pour un État moderne et efficace».

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Le gouvernement n’a «aucune idée de ce qui se passe dans ses processus de gestion», selon le caquiste Éric Caire, qui a présenté lundi un «pacte de responsabilité pour un État moderne et efficace».

La Coalition avenir Québec a présenté une série de 36 mesures «visant à régler une bonne fois pour toutes le déficit chronique de performance dont souffre l’État québécois» qui gaspille des milliards de dollars notamment dans des «démarches bureaucratiques inutiles», selon la CAQ.

Plusieurs mesures visent d’ailleurs à s’attaquer au manque d’imputabilité des hauts fonctionnaires du gouvernement. La CAQ propose la fin du «no fault» dans la fonction publique. Il veut modifier la loi sur l’Imputabilité des sous-ministres et des dirigeants d’organismes publics, qui est présentement une «véritable farce», dit Caire.

Le pacte, c’est de laisser plus marge de manœuvre aux hauts fonctionnaires et les sortir d’un «carcan administratif», dit le député de La Peltrie. Mais en échange, le CAQ exigerait que les mandarins de l’État soient imputables de leurs résultats et qu’ils soient limogés s’ils échouent.

« Il faut qu'on dise aux gestionnaires : vous avez une enveloppe budgétaire. Mais qu'on arrête de leur dire : “vous allez le dépenser dans tel secteur, tel secteur, tel secteur.” On donne une enveloppe, arrangez-vous pour atteindre vos cibles, vos objectifs. Nous, ce qu'on évalue, ce sont les résultats et non pas par quel moyen vous allez passer pour les obtenir. Et ça, c'est de la véritable gestion par résultats».

Le plan de la CAQ se décline en quatre axes :

1. La fin du bordel informatique

  • Remplacer 30 % des consultants privés en informatique par des ressources internes.
  • Abolir le Centre des services partagés et le poste de Dirigeant principal de l’information.
  • Création du Centre d’excellence en technologie de l’information qui deviendrait le cerveau gouvernemental en informatique.
  • Intégrer les logiciels libres.

2. Numériser pour débureaucratiser

  • Proposer un identifiant numérique pour éviter de dupliquer des processus administratifs. Création du citoyen numérique.
  • Base de données uniquement pour la gestion des données citoyennes.
  • Numériser l’ensemble des services administratifs du gouvernement d’ici 2025.
  • Instaurer un mécanisme de justification gouvernementale pour l’impression du papier.

3. Plus de compétition avec le privé

  • Introduire des négociations sectorielles pour la rémunération. Payer davantage pour certains secteurs.
  • Cibler des catégories d’emploi qui doivent être valorisées en compétition avec le privé.
  • Tenir des négociations sectorielles urgentes dans le domaine informatique et celui des travaux publics.
  • Mécanisme afin d’évaluer la performance des ministères et organismes.
  • Abolir la règle du plus bas soumissionnaire afin de tenir compte de la qualité et de l’analyse du comité de sélection.

4. Un État plus efficace

  • Revoir le rôle de contrôleur des dépenses du Secrétariat du Conseil du trésor.
  • Insérer dans la loi une obligation d’efficacité des ministères et organismes.
  • Mécanisme d’évaluation permanent du personnel assujetti à des sanctions pouvant aller au congédiement.

«Du capital politique»

En réaction à ces solutions, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a répondu que la CAQ «tente de faire du capital politique sur le dos des employés de l’État», explique son cabinet.

«Le gouvernement reconnaît la compétence et le bon travail de ses employés. Comme dans toutes les organisations, il peut y arriver qu’il y ait des maillons faibles. C’est pourquoi le gouvernement travaille à renforcer l’imputabilité des gestionnaires, renforcer les mesures d’éthique et réviser la loi sur l’administration publique pour une gestion plus efficace et davantage axé sur les résultats», nous a dit l’attachée de presse de Martin Coiteux.