/news/education
Navigation

Alerte à la bombe peu crédible

La police n’a trouvé aucun colis dans les établissements visés mardi et pense que la menace n’est pas fondée

Coup d'oeil sur cet article

Tout porte à croire que ce ne serait rien d’autre qu’un canular truffé de fautes d’orthographe et d’anglicismes qui a poussé la police à fouiller la plupart des 71 écoles menacées par une alerte à la bombe mardi.

«Ces alertes semblent s’avérer non fondées», a estimé mardi soir la Sûreté du Québec (SQ) dans un communiqué.

Tôt mardi matin, les écoles ont reçu un courriel du «Sceptre Rouge», un mystérieux groupe inconnu des policiers qui se décrit comme un «collectif qui est FURIEUX avec les syndicats des professeurs et les horreurs qu’ils infligent sur les enfants innocents» (sic).

Le groupe somme les syndicats de cesser la grève d’ici demain, ou il fera sauter quatre bombes dans des écoles et deux autres dans des autobus scolaires n’importe quand d’ici vendredi.

Le ministre de la Sécurité publique Pierre Moreau prend l’affaire au sérieux.

«Ça pourrait certainement constituer un acte terroriste, même s’il n’y a pas de colis», lance-t-il.

Une veille policière pourrait être nécessaire jusqu’à vendredi, ajoute-t-il, puisque la menace s’étale jusque là.

Il faut dire que la SQ et la police de Montréal (SPVM) ont fouillé la quasi-totalité des écoles menacées, notamment à Montréal, Shawinigan, Sept-Îles, en Outaouais, en Mauricie ou encore en Abitibi. Mardi soir, aucune bombe n’avait été trouvée. Le ou les auteurs de la menace courent toujours. Les enquêtes pour les identifier se poursuivent aujourd’hui.

Plusieurs écoles ont été évacuées mardi. Toutes celles contactées par Le Journal doivent rouvrir aujourd’hui.

Incohérent

Compte Facebook Stéphane Gendron

La SQ n’est pas seule à flairer le canular. À Montréal, le Collège Vanier a indiqué qu’il n’a pas évacué le bâtiment sur les conseils du SPVM, qui considère les menaces non fondées lui aussi.

L’expert en sécurité Michel Juneau-Katsuya pense même que derrière le «Sceptre Rouge» se cache en réalité «un seul individu qui a un peu déraillé».

L’orthographe aurait été vérifiée dans un groupe, pense-t-il. Et le message aurait été plus cohérent.

«Il dit défendre les enfants et il vise les écoles et les bus. Non, mais ça ne va pas dans la tête?» s’étonne-t-il.

Le professeur Stéphane Leman-Langlois, du Centre international de criminologie comparée, juge lui aussi la menace peu crédible.

«On peut être sûr à 99,99 % que c’est un canular, vu le manque de focus et le côté ambitieux de l’attaque annoncée», dit-il.

«Pour le Sceptre Rouge, le seul que je connaisse est dans World of Warcraft [un célèbre jeu vidéo]», ajoute-t-il.

- Avec la collaboration de Dominique Scali et Charles Lecavalier

 

UNE MENACE PRISE AU SÉRIEUX

Photo Agence QMI, Marc Vallières

71 écoles menacées

  • 50 écoles maternelles, primaires ou secondaires
  • 21 cégeps, dont 6 évacués
  • 0 école menacée à la Commission scolaire de Montréal

Parmi celles-ci, 68 écoles fouillées

  • 61 par la SQ
  • 7 à Montréal par le SPVM, notamment à Beaconsfield, Dorval, Saint-Laurent et Rivière-des-Prairies.

* données disponibles à 22 h 30 mardi soir

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.