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Payette associe les radios de Québec à un «régime de peur»

Aux élections du 7 avril 2014, la péquiste Dominique Payette avait récolté moins de 18 % des votes dans Charlesbourg, loin derrière la caquiste Denise Trudel (32 %) et le libéral François Blais, qui l'avait emporté avec plus de 42 % des voix.
Archives Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Aux élections du 7 avril 2014, la péquiste Dominique Payette avait récolté moins de 18 % des votes dans Charlesbourg, loin derrière la caquiste Denise Trudel (32 %) et le libéral François Blais, qui l'avait emporté avec plus de 42 % des voix.

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Les radios parlées auraient instauré un «régime de peur» à Québec, révèle la professeure et ex-candidate péquiste Dominique Payette, dans le rapport commandé par Pauline Marois après sa cuisante défaite aux dernières élections générales.

«On est en train d’instaurer un régime de peur dans la région de Québec et c’est dangereux», aurait déclaré Mme Payette, en dévoilant mardi, les grandes conclusions de son rapport uniquement aux journalistes du Devoir, Le Soleil et Radio-Canada.

Le document portant sur l’information à Québec devrait être rendu public mercredi. L’ex-première ministre Pauline Marois en commenterait aussi le contenu, mercredi matin.

En catimini

En mai dernier, Le Journal avait révélé qu’à même l’enveloppe accordée aux ex-chefs de gouvernement, Mme Marois avait confié en catimini à Mme Payette un contrat de gré à gré au montant de 24 500 $ – soit 500 $ de moins que le seuil d'appel d’offres – pour produire un panorama sur les médias de la capitale.

Le travail aurait finalement été complété pour 16 000 $. Selon ce qui a été rapporté, l’analyse d’une cinquantaine de pages rédigée par Mme Payette reposerait sur le contenu de sept émissions diffusées entre le 2 et le 6 février 2015, au FM93, à RadioX et Énergie.

Mme Payette s’inquiéterait de constater que certains animateurs radio bénéficient désormais de tribunes à la télévision et dans certains quotidiens, vraisemblablement TVA-LCN et Le Journal, à qui Mme Payette n’a pas répondu aux demandes d’entrevues, mardi.

Sujet de prédilection

La mairesse de Lac-Delage, qui enseigne aussi le journalisme à l’Université Laval, s’intéresse depuis plus d’une dizaine d’années aux radios parlées de Québec. En 2004, Mme Payette, qui enseignait alors le journalisme radio à l’Université de Montréal, s’était réjouie de la décision du CRTC de ne pas renouveler la licence de CHOI-FM.

«Cette fois, c’est la bonne, avait-elle alors déclaré dans une lettre ouverte publiée dans les pages du Devoir. [...] La liberté d’expression [...] peut-être même se porte-t-elle mieux.»

Un 2007, elle avait contribué à une étude dans laquelle elle pointait du doigt le manque d’équité et de neutralité de radios comme CHOI et le FM93.

En 2011, la ministre libérale de la Culture et des communications d’alors, Christine St-Pierre, avait donné à Mme Payette, une ex-collègue de Radio-Canada, 300 000 $ pour livrer un vaste rapport dans lequel elle invitait les radios à un plus grand respect des normes journalistiques et règles déontologiques.

Candidate déchue et amère

Pour expliquer sa défaite dans Charlesbourg, au printemps 2014, Mme Payette avait aussitôt pointé du doigt les radios parlées.

«Les radios de Québec nous avaient amenés au "Caquistan", maintenant, les radios de Québec nous amènent au Parti libéral», avait lancé, visiblement amère, la candidate déchue, qui rejetterait désormais, dans son tout dernier rapport, le concept de «mystère Québec».

– Avec la collaboration de Sophie Côté

Dominique Payette

  • 61 ans
  • Fille de Lise Payette
  • Professeure de journalisme à l’Université Laval
  • Candidate défaite du PQ dans Charlesbourg (2014)
  • Mairesse de Lac-Delage
  • Contrat accordé par Pauline Marois : 24 500 $
  • Montant facturé par Mme Payette : 16 000 $

Animateurs ciblés

  • Dominic Maurais, Jérôme Landry et Denis Gravel (RadioX)
  • Sylvain Bouchard, Nathalie Normandeau, Éric Duhaime et Gilles Parent (FM93)
  • Jeff Fillion et Stéphan Dupont (Énergie)

Principales recommandations de son rapport:

  • Rapatrier les compétences du CRTC au gouvernement du Québec
  • Conseil de presse : rendre son adhésion obligatoire, augmenter ses pouvoirs, dont celui d’imposer des amendes dissuasives
  • Créer un fonds d’éducation sur les médias
  • Augmenter le financement des radios communautaires pour offrir un contrepoids aux radios privées

Sources : Le Devoir, Le Soleil, Radio-Canada

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