/opinion/columnists
Navigation

Pauline et les chaudrons

Pauline et les chaudrons
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Nous sommes au début du XXIe siècle.

Nous sommes au début du XXIe siècle.

Le discours syndicalo-gauchiste règne sur toute la province.

Toute? Non, une petite bourgade résiste obstinément, envers et contre tous: Québec.

Cette situation inédite met en furie l’Impératrice Pauline Marois.

Fâchée, elle fait les cent pas dans sa pyramide de cristal en rongeant son frein et en préparant sa vengeance.

«Ah, cette dissidence et cette insubordination sont incompréhensibles. Mais pourquoi n’acceptent-ils donc pas d’embrasser La Vérité? Ne voient-ils pas que je veux le bien de tous et que je suis la Voie, la Vie, l’Amour? Qu’on m’amène ma conseillère, Dominique Payette!

— Oui, Votre Majesté, que voulez-vous?

— Je voudrais que vous alliez à Québec incognito pour savoir pourquoi les gens là-bas ne s’agenouillent pas devant mon auguste personne et refusent de propager Ma Bonne Nouvelle!

— Parfait, Votre Majesté, j’y cours, à mes risques et périls!»

Quelques mois plus tard, après un long et dangereux périple qui l’a menée du premier au troisième étage de l’Université Laval, Dominique Payette revient faire son rapport.

«Alors, hardie conseillère, qu’avez-vous trouvé ?

— Cette résistance obstinée à la bienveillance, à la sagesse et à la bonté légendaires de Sa Majesté est causée par la radio locale.

Les animateurs ont jeté un sort à la population de Québec... Les gens, là-bas, ont perdu tout leur libre arbitre! Ils vivent sous le joug d’une poignée de sorciers perfides qui, avec l’aide d’un druide maléfique, ont concocté une potion magique qui hypnotise les pauvres résidents de Québec!

Ceux-ci boivent passivement chacune de leurs paroles comme des zombies! Ils traînent les pieds sur Grande-Allée en pestant contre les cyclistes et le Conseil du Statut de la Femme.

J’en ai même vu (sa voix est étranglée par l’émotion) qui remettent en question la pertinence du Bloc!

Oh, que faire, Votre Majesté pour libérer nos sœurs et nos frères de cette horrible malédiction?»

L’Impératrice devient rouge (pardon: bleue) de colère et explose.

«Qu’on les arrête et qu’on les jette aux fauves! Qu’on les amène enchaînés dans l’arène de Tout le monde en parle, se faire dévorer vivant par une horde d’artistes sauvages! Qu’on leur fasse boire de la ciguë équitable, qu’on les abonne de force au Devoir!

Qu’on les attache sur une chaise et qu’on leur passe en boucle des entrevues d’Anne-Marie Dussault!

Non, pire: qu’on les condamne à essayer de trouver une place de stationnement sur le Plateau! Ahahahahah!!!!»

Ce qui fut fait.

Le lendemain, le centurion Gabriel Nadeau-Dubois débarqua à Québec avec une armée de 10 000 hommes, et mit le feu à toutes les stations de radio privées de la ville.

Depuis ce temps, la poussière est retombée. La population de Québec coule des jours heureux et paisibles.

Les gens font du vélo. Ils compostent. Ils écoutent Radio-Canada en famille.

Ils font des ablutions dans la fontaine de Tourny.

Aux dernières nouvelles, ils s’apprêteraient même à élire Manon Massé comme mairesse.

Bref, ils ont vu la lumière. Ils militent pour le Oui.

Ils adorent Big Mother.

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.