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De l’espoir en Allemagne pour 300 Québécois malades

Les traitements au laser du Dr Thomas Vogl attirent de plus en plus l’attention

GEN-MICHEL LEPAGE
Photo Michel St-Jean, Agence QMI

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Depuis le début de l’année, jusqu’à 300 Québécois atteints de cancer ont contacté le Dr Thomas Vogl, en Allemagne, dans l’espoir que ses traitements au laser puissent les guérir ou à tout le moins prolonger leur vie.

Le Dr Vogl confirme avoir traité une trentaine d’entre eux, qui n’ont pas hésité à dépenser quelques milliers de dollars pour ces soins non offerts au Québec. Certains, dont la maladie était rendue à un stade trop avancé, n’ont pas survécu. Pour d’autres, les traitements de chimio-embolisation et de thermoablation au laser ont donné les résultats escomptés et ils se portent relativement bien, aujourd’hui.

Atteint d’un cancer du côlon avec des métastases au foie, Michel Lepage, de Cowansville, est l’un de ceux-là. Au début de décembre, il en sera à son septième séjour en Allemagne. «Tout le monde pense que je suis mort, mais je suis encore en vie!» lance M. Lepage, que les médecins québécois condamnaient à court terme, il y a un an, lorsque le terrible diagnostic est tombé.

Gagner du temps précieux

L’homme de 62 ans continue de vaquer à ses occupations dans la vente d’équipements lourds. «Ici, tout ce qu’on m’offrait, c’était de la chimio palliative. Un médecin m’a dit: faites vos papiers pendant que vous le pouvez encore. Après avoir lu l’article sur le Dr Vogl dans Le Journal de Québec, je l’ai contacté et j’ai obtenu un rendez-vous rapidement, au début de janvier», raconte M. Lepage, qui a reçu jusqu’ici une douzaine de traitements au laser et de chimio-embolisation.

«J’ai allongé ma vie. Je suis très content de cela. J’en suis rendu à 120 000 $ dans cette aventure-là. Je m’estime chanceux d’avoir l’argent nécessaire, ce qui n’est malheureusement pas le cas de tout le monde», exprime-t-il.

La jeune Sabrina De Varennes, décédée le mois dernier, a bénéficié des soins du Dr Vogl. Son père croit que cela a permis de prolonger sa vie d’un an.
Photo courtoisie
La jeune Sabrina De Varennes, décédée le mois dernier, a bénéficié des soins du Dr Vogl. Son père croit que cela a permis de prolonger sa vie d’un an.

Jeune patiente décédée

Après avoir été à quatre reprises en Allemagne avec ses parents, la jeune Sabrina De Varennes a succombé, le 22 octobre, à quelques jours de ses 16 ans, des suites des tumeurs agressives qui attaquaient son foie.

«On ne regrette pas d’être allés là-bas. Les traitements du Dr Vogl ont permis de prolonger sa vie de presque un an. Cela valait pour nous les 90 000 $ dépensés. Le Dr Vogl nous a donné l’heure juste; on n’a pas eu de faux espoirs», souligne le père de Sabrina, Pierre De Varennes, qui habite Thetford Mines.

Le ministère de la Santé s’intéresse au Dr Vogl

Le ministre de la Santé a demandé à la direction québécoise du cancer de regarder de plus près les traitements offerts par le Dr Thomas Vogl, à l’hôpital universitaire Goethe à Francfort, en Allemagne.

«Les traitements de chimio-embolisation sont disponibles au Québec, dans certaines situations spécifiques. Avant de pouvoir l’élargir aux autres situations cliniques, dont celles de patients qui vont se faire traiter en Allemagne, il faudrait obtenir des données probantes, basées sur des études scientifiques fiables», précise l’attachée de presse du ministre Barrette, Joanne Beauvais.

L’appareil au laser Medilas, utilisé depuis plus de 20 ans par le Dr Vogl, n’est pas encore homologué par Santé Canada et n’est donc pas accessible au Québec.

Médecin québécois

Un médecin québécois, le Dr Rayan Alaoui, effectue actuellement un stage de perfectionnement d’un an en radiologie d’intervention auprès du Dr Thomas Vogl. Il dit faire le maximum pour aider les patients du Québec traités à Francfort.

«Ils sont malades, loin de chez eux et ne connaissent pas l’allemand. Leur espoir est réel, car le traitement marche», exprime le Dr Alaoui, selon qui le Dr Vogl est très compétent.

«J’ai choisi ce service à cause de la renommée internationale du professeur Vogl. Il nous offre une excellente qualité de formation», affirme-t-il.

Ce dernier envisage de faire une formation complémentaire en radiologie d’intervention en Allemagne ou au Canada. «Si le Québec a besoin de moi comme radiologiste, je dirai oui sans hésiter, sinon, je m’installerai en Allemagne, où la demande est très grande», confie-t-il.

«On a de bonnes compétences au Québec, sauf que la chimio-embolisation combinée au laser ne se fait qu’en Allemagne et aux États-Unis», observe-t-il.

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