/lifestyle/books
Navigation

La mémoire courte

Coup d'oeil sur cet article

À l’invitation de l’association des libraires, je me suis récemment prêté au jeu d’aller en librairie conseiller le client à Chambly et à Saint-Jean sur Richelieu.

C’est toujours une chouette expérience et une grande leçon d’humilité que de sortir de sa tanière pour aller à la rencontre des lecteurs. Chouette expérience: parler à des inconnus sur la seule base de notre passion partagée des livres. Car les lecteurs affamés, malgré la diversité de leur parcours, ont tous ce petit quelque chose en commun qui ressemble à un appétit de vivre mélangée à un trouble alimentaire. Des gens émouvants, la plupart du temps, parce qu’ils sont émus.

C’est également une grande leçon d’humilité, car des lecteurs, il n’y en a pas tant que ça, et dévisager les passants en espérant qu’ils s’intéressent aux livres vous fait vite comprendre le concept de solitude. Et quand un passant sur 500 dirige ses pas vers vous, le libraire d’un jour, c’est pour demander «tsé, le livre sur les aliments qui était à Denis Lévesque, hier?»

Mais de ce livre là il n’y en avait plus en stock. Tout vendu.

Pour mon prochain roman, je veux aller chez Denis Lévesque!

Du vieux stock

Le premier client que j’ai conseillé, à mon grand plaisir, se trouvait à être le fils du romancier André Langevin, un auteur que j’ai découvert quand j’étais au secondaire, et qui m’avait profondément marqué par sa modernité.

Le fils Langevin était donc en librairie, mais pas son père. On a cherché dans le système... C’est que les vieux romans, même s’ils ont connu du succès, même s’ils ont gagné des prix, même s’ils sont et seront toujours très bons, les vieux romans finissent par disparaître. Et même si les éditions Boréal ont repris les romans de Langevin, même s’ils sont disponibles, les libraires, eux, n’ont pas la place pour tout garder en stock, et il faut commander ces vieilles affaires qui sont pourtant toujours neuves.

Vive les vieux

Pour l’occasion, l’Association des libraires m’avait demandé la liste de mes dix incontournables. Bon, je pourrais en faire quinze, des listes d’incontournables, et elles ne seraient jamais tout à fait semblables. Mais voici celle que j’ai faite ce jour-là:

  • 100 ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez.
  • L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera
  • Le temps où nous chantions, de Richard Powers
  • Mrs Dalloway, de Virginia Woolf
  • Mémoire d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar
  • La détresse et l’enchantement, de Gabrielle Roy
  • La trilogie martienne, de Kim Stanley

Robinson

  • Dune, de Frank Herbert
  • Paroles, de Jacques Prévert
  • Demain les chiens, de Clifford D. Simak
  • La trilogie Fondation, de Isaak Azimov
  • Le quatuor d’Alexandrie, de Laurence Durrell
  • L’homme qui rit, de Victor Hugo
  • Les neiges du Kilimandjaro, d’Ernest

Hemingway

Le cœur est un chasseur solitaire, de Carson McCullers.

J’aurais pu ajouter, et je le fais maintenant, Une chaîne dans le parc, d’André Langevin.

La plupart de ces livres sont parfois en librairie. Sinon, il faudra les commander. Et je vous encourage à le faire. C’est toujours une bonne chose, se décoller le nez du présent, de temps en temps.

Ça donne de la perspective.