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Règles de confidentialité frustrantes en santé mentale

Les proches de personnes souffrant de maladie mentale se plaignent d’être tenus à l’écart

«En santé mentale, les professionnels de la santé craignent les réprimandes s’ils parlent à la famille», souligne la directrice générale de la Boussole, Hélène Lévesque.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère «En santé mentale, les professionnels de la santé craignent les réprimandes s’ils parlent à la famille», souligne la directrice générale de la Boussole, Hélène Lévesque.

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Les proches des personnes souffrant de maladie mentale sont souvent tenus dans l’ignorance, à cause des règles rigides de confidentialité dans le réseau de la santé qui peuvent parfois avoir des conséquences dramatiques.

«On nous rapporte des histoires d’horreurs, des situations aberrantes, où les familles sont dans la noirceur totale. On ne veut pas remettre en question la confidentialité, mais il faut mieux baliser ces règles qui sont appliquées de façon très inégale dans le réseau de la santé», opine Hélène Lévesque, directrice générale de la Boussole, à Québec, organisme qui soutient les proches des personnes atteintes de maladie mentale.

Les intervenants de la Boussole ont suivi, il y a quelques années, la famille d’un jeune homme qui s’est suicidé peu après sa sortie de l’hôpital. Ses proches n’avaient pas été avisés qu’il avait obtenu son congé. En plus d’être durement éprouvée par ce deuil, la famille a eu du mal à accepter le fait qu’elle ait été tenue à l’écart, illustre Mme Lévesque.

«Allez lui demander!»

Lorsque son frère atteint de schizophrénie a été hospitalisé, Céline (prénom modifié) a tenté d’avoir des informations sur l’état de santé de celui-ci, mais elle s’est butée à une fin de non-recevoir frustrante du personnel soignant.

«J’allais le voir, le soir, à l’hôpital. Je demandais à l’infirmière au poste de garde comment il allait, s’il était en paix ou agressif. Je me faisais répondre: allez lui demander! Je savais qu’il avait des délires et qu’il ne nous disait pas la vérité», confie Céline.

Changement de culture

Le psychiatre Marc-André Roy, qui est rattaché à la clinique Notre-Dame-des-Victoires pour jeunes adultes psychotiques, à Québec, a été trop souvent confronté à ce genre de situations. «Le réflexe dans le système de santé est de dire: c’est la règle de confidentialité, cela s’arrête là. C’est lui mon patient, je n’ai pas à parler à la famille. Or, les recherches montrent hors de tout doute que l’intervention familiale aide les personnes ayant des troubles psychotiques», signale le Dr Roy.

Il faut faire évoluer les pratiques, estime-t-il. «A la clinique, on prend le temps d’expliquer au jeune que s’il consent à ce qu’on parle à sa famille, on ne dévoilera pas les détails de sa vie privée, mais les grandes lignes de son traitement», rapporte le psychiatre.

«En santé mentale, les professionnels de la santé craignent les réprimandes s’ils parlent à la famille», souligne la directrice générale de la Boussole, Hélène Lévesque.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère

Monde de préjugés

Hélène Lévesque abonde dans le même sens. «Le motif de plainte qui revient le plus souvent chez les proches, c’est «on ne sait rien!». Ils veulent aider la personne, mais se sentent impuissants. La santé mentale est un autre monde. On est tous pris dans les préjugés», constate-t-elle.

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