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Des enfants ont vécu l’horreur

Ces jeunes réfugiés syriens ont malgré tout soif d’apprendre.

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Exécutions, torture, bombardements : les jeunes réfugiés syriens fraîchement arrivés à Montréal en ont vu de toutes les couleurs avant de débarquer dans les écoles du Québec.

L’école privée Alex Manoogian offre des classes de francisation depuis six ans. Elles sont majoritairement remplies de Syriens dont certains sont aux prises avec d’importants chocs post-traumatiques. Mais ça n’empêchera pas plusieurs d’entre eux de devenir des premiers de la classe par la suite, assure Sébastien Stasse, si on se fit au parcours d’anciens élèves eux aussi réfugiés syriens.

Douloureuses réalités

À titre d’exemple, à sa première journée à l’école, un jeune garçon s’est gavé sur l’heure du midi. «Il mangeait comme un fou parce qu’il ne savait pas s’il aurait de quoi manger pour souper», dit le directeur.

Convaincu que des bombes seraient larguées, un enfant de six ans s’est jeté par terre et est allé se cacher quand il a entendu un avion passer au-dessus de l’école.

Une fillette avait d’importants problèmes d’attitude. En discutant avec les parents, les enseignants se sont rendu compte que la petite vivait en face d’un site de torture lorsqu’elle était en Syrie. «De son appartement, elle a assisté à des exécutions et senti des corps brûlés», explique M. Stasse.

Deux frères sont entrés à l’école la même journée. Pendant trois jours, l’aîné devait sortir de sa classe toutes les 30 minutes pour s’assurer que son frère était toujours vivant.

Quand il était en Syrie, un autre élève s’est fait tirer dans la jambe par un tireur d’élite alors qu’il allait voir sa mère. Il conserve de lourdes séquelles psychologiques.

En amour avec le Canada

Malgré tout, ils se sentent très privilégiés d’être au Canada. Selon leurs enseignants, ils ont soif d’apprendre et plusieurs deviennent des premiers de classe. «Le meilleur remède à leur chagrin, c’est l’éducation», estime M. Stasse.

Ces enfants sont complètement tombés amoureux du Québec et disent ne jamais vouloir retourner dans leur pays. Ils adorent le froid, la neige, la façon de parler et le sourire des Québécois. Ils ont aussi beaucoup aimé la poutine qui leur a été servie à la cafétéria pour la Saint-Jean-Baptiste.

L’intégration est difficile pour les enfants, mais aussi pour les professeurs.

Julie Carron enseigne depuis près de deux ans dans l’une des classes de francisation. À plusieurs reprises, elle a dû apprendre à garder son sang-froid.

«Si j’ai un élève qui pleure au beau milieu d’une explication de grammaire, je ne peux pas pleurer avec lui, dit-elle. Je vais lui faire un câlin et essayer de lui faire sentir qu’on est là pour lui.»

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