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Évolution de la pensée de Régis Labeaume sur l’accueil des réfugiés syriens

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L’accueil de 25 000 réfugiés syriens au Canada d’ici Noël préoccupe bien des gens et alimente de nombreux débats. Le maire de Québec, Régis Labeaume, a lui aussi cette question à cœur.

Voici l’évolution de sa pensée, en quelques citations:

Le 4 septembre, il disait:


«Ce n’est pas la Ville qui décide ou non d’accueillir des réfugiés. C’est vraiment les gouvernements supérieurs, mais c’est certain que nous, on va en accueillir et on va travailler en soutien avec les organismes du milieu qui œuvrent déjà dans l’accueil et l’intégration des réfugiés.»

Or, mardi, le maire a indiqué qu’il avait fait part au gouvernement fédéral de son désir d’accueillir des orphelins et des familles, plutôt que des «gars de 20 ans frustrés», et «pas trop de célibataires».

Il a été rabroué mercredi à l’Assemblée nationale. Unanimement, le gouvernement et l’opposition ont rappelé qu’il n’appartient pas au maire de décider à qui donner la priorité.

Jeudi, le maire s'est excusé: 


Le 21 septembre, le maire assurait que la Ville de Québec était prête à accueillir entre 500 et 800 réfugiés:

Alors qu’il disait être prêt en septembre, il a envoyé un autre signal le lundi 16 novembre: 

Régis Labeaume semble maintenant douter du moment choisi par le gouvernement pour l'accueil des réfugiés:

«Plusieurs intervenants considèrent que novembre et décembre sont les pires mois pour accueillir des réfugiés au Canada. Mettons donc toutes les chances de notre côté pour réussir l’opération d’accueil des réfugiés dans notre région.»

«Le temps n’est pas à la précipitation, mais bien à la réflexion et à la prise de décisions rationnelles. Il nous faut réunir les conditions gagnantes, notamment sur le plan des mesures de sécurité, avant d’aller de l’avant.»

Il a également indiqué que le gouvernement lui aurait demandé d’accueillir plus de réfugiés avec une cible de 1000 à 1400 réfugiés:

Selon des chiffres de l’Agence centrale de renseignement (CIA), 74 % des Syriens sont sunnites. Bien qu’elles ne soient pas obligées de porter le voile intégral, contrairement aux salafistes, plusieurs femmes sunnites en Syrie porteraient le niqab.

Il est donc possible que certaines réfugiées que la ville accueillera portent le voile intégral.

Le 23 septembre, le maire a fait une sortie contre le niqab. 

Le 9 octobre, il a toutefois fait preuve d'un peu plus de souplesse:

«Vivre ensemble, ça va vouloir dire, à Québec, éventuellement, accepter que cette ville-là soit plus multiculturelle. Ça veut dire beaucoup de tolérance et d’acceptation, tout en tenant à nos principes.»

«Il faut se tenir debout. Les gens qui arrivent peuvent pratiquer leur religion, avoir leurs coutumes à eux, mais arriver quelque part, c’est respecter sa terre d’accueil et ses coutumes.»

Le 9 octobre, le maire saluait aussi le «cœur des gens» de Québec, traités à tort, selon lui, de «xénophobes».

«Tous les ans, j’accueille les nouveaux arrivants et je leur pose beaucoup de questions. Et, c’est surprenant... On pourrait penser que les gens de Québec sont peut-être un peu xénophobes, mais ce n’est pas ça qu’on me dit, moi. Il y a les haut-parleurs dans notre société, puis il y a le cœur des gens.»

Les attentats de Paris semblent toutefois avoir attisé les craintes des citoyens relativement à l’arrivée de réfugiés, selon les propos que le maire a tenus le 16 octobre:

«Les gens ont plus peur de la précipitation que des migrants. Je ne blâme pas le gouvernement, le premier ministre vient d'arriver, d’autant plus qu’une fois la cible atteinte, c’est nous autres [les municipalités] qui [allons nous] ramasser avec les problèmes.»