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Baux de villégiature

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«Le gouvernement vient de nous prouver qu’il ne veut plus de la classe moyenne en forêt au Québec. Si les gens n’ont pas la capacité de payer, ils n’ont pas d’affaire là, pense le ministre.»

Voilà comment réagissait le président du Regroupement des locataires de terres publiques (RLTP), Réjean Thibeault, à la suite d’une rencontre avec le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand qui s’est déroulé mercredi à l’Assemblée nationale.

L’organisme, qui se butait jusqu’à présent au refus systématique du ministre d’accepter une rencontre, avait organisé une manifestation en collaboration avec l’opposition officielle par l’entremise du député de Bonaventure, Sylvain Roy, pour forcer la porte du ministre.

Après le dépôt d’une pétition de plus de 5000 noms dénonçant le projet de loi du gouvernement visant à augmenter la tarification des baux de villégiature sur les terres publiques, Thibeault et son équipe ont pu rencontrer le ministre.

«Nous nous sommes frappés à un mur, un non systématique de la part du ministre, qui a été très clair. Il n’est pas question pour lui d’arrêter ou de suspendre le projet de loi, ni d’écouter qui que ce soit qui veut contester. Nous comprenons que le gouvernement veut donner la forêt aux mieux nantis.»

DÉMARCHES TARDIVES

Accusé par le ministre de ne pas s’être manifesté plus tôt, le président se disait insulté de cette remarque, expliquant que son organisation a tout fait.

«Lorsque le ministre nous dit une chose pareille, on voit bien qu’il n’est pas au courant du dossier. Depuis cinq ans, nous avons travaillé avec les fonctionnaires de son ministère qui nous ont demandés de produire un document sur le sujet. Nous avons demandé à rencontrer le ministre à plusieurs reprises. À chaque fois, nous nous sommes butés à son personnel de cabinet qui disait non. Alors, lorsque le ministre nous accuse de ne jamais nous être manifestés auparavant, pour nous, c’est insultant.»

Rappelons que le projet de règlement du gouvernement, s’il est adopté, ferait en sorte que le coût des baux de villégiature sur une période de 10 ans, de 2009 à 2019, augmenterait de 150 %, 200 %, 300 % et même 500 % dans certaines régions du Québec.

ERREUR DE GOUVERNANCE

Mercredi, lors de leur rencontre avec le ministre, les gens du RLTP avaient deux demandes. Ils demandaient un moratoire d’un an sur le projet de règlement du gouvernement et la création d’une table de consultation pour tenter de trouver la meilleure solution possible, sans que se soit les propriétaires de chalets qui absorbent cette facture salée. Le refus du ministre a été catégorique.

«Je crois qu’il faut demander à ce que ce dossier soit retiré au ministre Arcand, qui ne le connaît tout simplement pas, affirme un villégiateur du Saguenay-Lac-Saint-Jean, vieux routier bénévole de plusieurs organisations, M. Arthur Lavoie. J’ai travaillé à la création de l’entente de 2002, où on avait établi une valeur raisonnable des terrains. Aujourd’hui, le gouvernement veut augmenter la valeur de ces terrains, qui n’ont pas changé ni bougé pour en arriver à taxer les propriétaires de chalets de villégiature de façon éhontée. Pour moi, c’est une erreur de gouvernance grave. Le ministre doit être rappelé à l’ordre.»

M. Lavoie a exprimé son point de vue dans une lettre qu’il a adressée au ministre Arcand le 14 septembre. Il est allé plus loin cette semaine en adressant une copie de sa lettre au bureau de comté du premier ministre Couillard, lui suggérant fortement de prendre en main ce dossier.