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Dufresne revisitée

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Pour rendre hommage à l’un des plus grands monuments de la chanson québécoise, l’inimitable Diane Dufresne, neuf voix ont été réunies sur l’album Intemporelle. Un cadeau à cette femme qui désire encore créer, qui ne veut pas être nostalgique et qui ne quittera jamais la musique.

Cela fait quatre ans que l’idée est dans l’air. Quatre ans qu’Alain Des Ruisseaux (Bleu Nuit Musique) veut offrir ce présent à la chanteuse pour ses 70 ans.

Sur cet album, Ariane Moffatt s’approprie complètement Strip-Tease, Marie-Denise Pelletier s’empare du Tour du bloc, Roch Voisine chante Hymne à la beauté du monde, Catherine Major modernise Oxygène et Marie-Pierre Arthur reprend J’ai rencontré l’homme de ma vie.

On peut aussi entendre la voix de Pierre Lapointe, Diane Tell, Alexandre Désilets et de Charlotte Cardin. Et ils n’ont pas été difficiles à convaincre, malgré tout ce que l’œuvre de cette grande interprète représente.

«Je refuse environ cinq albums de reprises par année, mais j’ai accepté pour Diane, parce que c’était Diane. Quand on a eu le temps de se créer une identité, une identité forte, on peut se permettre de reprendre des monuments comme ceux-là. Surtout qu’ils ont vécu depuis longtemps. Ils font partie de l’imaginaire collectif», explique Pierre Lapointe, qui reprend magnifiquement et très simplement la chanson «Un souvenir heureux».

«J’apprécie doublement»

Aujourd’hui, bien que Mme Dufresne soit encore sous le choc des attentats de Paris, elle célèbre avec les artistes cet hommage, bien humblement. «On a quand même la France qui nous rentre dedans. Mais tant mieux, les artistes continuent. Il faut continuer. Ces soirées, on les apprécie doublement», souligne l’artiste d’entrée de jeu, elle qui a habité le quartier du Marais à Paris pendant quelques années.

Quand on lui a annoncé l’existence du projet, elle était surprise, mais s’est promis de ne pas donner son avis sur quoi que ce soit, histoire de laisser aller le projet, qu’il vole de ses propres ailes.

«J’ai écouté, et c’est une réussite. C’est tellement bien chanté. C’est interprété à leur manière, avec des accents différents, avec leur personnalité, c’est pour ça que les très très belles chansons sont immortelles», mentionne-t-elle, précisant que la chanson Que, reprise par Alexandre Désilets était sûrement celle qui l’a le plus surprise.

Héritage

Pour tous les artistes qui ont prêté leur voix sur une chanson de Dufresne, l’héritage que laisse cette grande artiste aux créateurs québécois est indéniable et vaste.

«C’est une icône de la musique francophone québécoise, de la mode, et même du féminisme. On entend tellement parler de ses performances, et de ses chansons, qu’elle influence encore la jeune génération», explique Charlotte Cardin, qui offre «J’ai douze ans», dans une version qui colle complètement avec l’univers de la jeune chanteuse.

«J’étais dans tous ses shows, on se déguisait», se souvient Marie-Denise Pelletier.

Pour Pierre Lapointe, Dufresne n’est pas qu’une icône. Cela va même bien au-delà de l’inspiration. Il connaît le répertoire de l’artiste sur le bout des doigts, et celui-ci a façonné le créateur qu’il est devenu.

«Diane Dufresne pour moi, c’est gigantesque. C’est elle qui m’a donné le droit d’être qui je suis, l’artiste que je suis. Elle m’a donné le droit d’utiliser la scène différemment, et de faire tout ce qui me passe par la tête», mentionne Pierre Lapointe, qui lui avait dédié son Félix pour le Spectacle de l’année en 2011.

Mais Diane Dufresne, elle, ne semble pas être consciente de toute l’influence qu’elle a eue sur les créateurs. «Je suis étonnée. Je ne suis pas là du tout. Peut-être quand je vais prendre du recul. Ils ne peuvent pas me dire que j’ai eu un impact sur eux, parce que je ne les vois jamais. Je suis une solitaire», dit-elle en riant.

À nouveau sur scène ?

La chanteuse de 71 ans est aussi peintre, mais ne quittera jamais la musique. Par contre, elle veut en faire autrement.

«Je veux du nouveau. Je ne ferai peut-être pas les choses de la même façon. Je ne pense pas faire la Place des Arts la semaine prochaine et faire un disque tous les deux ans. Je ne sais pas encore, je dois trouver quelque chose de différent», confie-t-elle.

Pour Diane Dufresne, la plus belle époque reste celle où elle a brûlé les planches des plus grandes salles de spectacle. «Quand tu montes sur la scène du Forum, malgré toute l’angoisse que tu ressens, quand tu vois tout le monde en rose au Stade olympique, c’est ça, la plus belle période», conclut-elle.

 

 

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