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La revanche de Burris

Le quart de 40 ans fait mentir ceux qui le croyaient «fini»

La revanche de Burris
Photo d'archives

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WINNIPEG | Les choses ont rapidement changé pour le quart Henry Burris au cours des deux dernières années. D’abord libéré par les Tiger-Cats de Hamilton, il a connu une des pires saisons de sa carrière l’an dernier à Ottawa. Un an plus tard, il est à la Coupe Grey, toujours avec le Rouge et Noir.

Comment expliquer un revirement si soudain, alors que l’équipe d’expansion est passée d’une fiche de 2-16 en 2014 à une place en finale en 2015?

«J’ai toujours dit que le football n’était pas une industrie de fast-food, a déclaré le vétéran en conférence de presse, hier. C’est le jeu d’équipe ultime. Une personne ne peut tout faire seule. Ça prend un tout et la transformation qu’on a vécue le démontre bien. Pendant tout ce temps, je n’ai jamais perdu confiance.»

Cette confiance, Burris aurait certainement pu la perdre lorsque les Tiger-Cats l’ont mis à la porte. D’ailleurs, il garde un souvenir très amer de cet épisode.

«Je venais juste de mener l’équipe au match de la Coupe Grey (perdu face aux Roughriders de la Saskatchewan [NDLR]) et on m’appelle pour me dire que l’équipe a décidé de prendre une nouvelle direction. Sauf qu’au même moment, ma femme voit sur son iPad que la signature de Zach Collaros avait été annoncée. Ils disaient vouloir m’en avertir avant, mais c’était raté. Ce sont donc des petites choses comme ça que je garde en mémoire», a admis Burris, âgé de 40 ans.

Manque de respect

Il qualifie sa séparation d’avec les Ti-Cats «d’irrespectueuse».

«J’ai été renvoyé après avoir aidé l’équipe à se remettre sur les rails sur et à l’extérieur du terrain, après avoir été un ambassadeur pour l’équipe et la communauté. De la manière dont ça a été fait, n’importe quel athlète aurait trouvé ça irrespectueux», a-t-il enchaîné.

Dimanche, il aura donc l’occasion de prendre une petite revanche en prouvant peut-être à son ancienne équipe qu’elle a fait le mauvais choix.

«Quand je m’entraîne, je suis parfois pris par l’émotion et, sans dire que je veux ma revanche, disons que ce serait la meilleure façon de l’obtenir. La blessure est toujours là, alors ça me sert de motivation», a-t-il ajouté.

Ce ressentiment lui permet de mieux jouer, car il dit être plus performant lorsqu’il est porté par la frustration.

Souvenirs d’un SNF

Burris a bien ri lorsqu’on lui a demandé de nous raconter ses souvenirs d’un certain «Sunday Night Football», celui lors duquel il avait été partant pour les Bears de Chicago dans un match contre les Buccaneers de Tampa Bay.

«J’ai su la veille que je serais le partant. Je devais affronter une défense qu’on qualifiait comme étant la meilleure de l’histoire. Comme je le fais toujours, j’ai mis par écrit tous les jeux avec lesquels j’étais confiant et je suis allé les donner à mon entraîneur. Il a pris la feuille, l’a déchirée et m’a répondu que je devais pouvoir exécuter tous les jeux, point. Je me sentais comme l’agneau sacrifié, le gars qu’on allait jeter vivant aux requins dans la mer!» a-t-il raconté.

Il avait perdu le match 15 à 0 et affiché un épouvantable coefficient de 10,3. Malgré tout, il a appris de cette expérience.

«Je sais maintenant que je dois me préparer comme partant, même quand je ne le suis pas. Ça prouve aussi que si on persiste et offre une deuxième chance à un quart, les résultats peuvent être exceptionnels», a noté Burris.