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De la retraite à la Coupe Grey

Beaulieu-Richard a relancé sa carrière à Ottawa

Jonathan Beaulieu-Richard
photo courtoisie, Ligue canadienne L’ancien Alouette Jonathan Beaulieu-Richard (48) a joué de chance en se trouvant un boulot avec le Rouge et Noir d’Ottawa en milieu de saison.

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WINNIPEG | Le Québécois Jonathan Beaulieu-Richard a quitté les Alouettes sans tambour ni trompette au cours de l’été. Il venait de guérir d’une blessure et l’équipe ne le croyait pas prêt à renouer avec l’action. Ils ont donc choisi de rompre leur association. Ce fut un mal pour un bien, car le secondeur se retrouve aujourd’hui à la Coupe Grey avec le Rouge et Noir d’Ottawa.

Le début de l’été n’a pas été facile pour Beaulieu-Richard. Il l’a passé à retrouver la forme après avoir été opéré à un genou en décembre pour une déchirure du ligament croisé antérieur et du ligament collatéral tibial.

Comme il n’était pas prêt pour le camp d’entraînement, les Alouettes lui ont donné deux choix: prendre sa retraite ou être libéré.

«Je voulais rester à Montréal, alors j’ai accepté qu’on me mette à la retraite. Pendant tout l’été, j’ai donc fait de la rééducation. Je travaillais de mon côté, je faisais mes choses. Vers la fin août, je me sentais bien et j’ai commencé à vouloir revenir au jeu», a raconté le joueur de 27 ans.

C’est à ce moment que les choses se sont corsées. Même si les médecins des Alouettes ont admis que tout allait bien, ces derniers trouvaient qu’il lui en «manquait encore un petit peu» avant de remettre les pieds sur le terrain.

«Je suis devenu un peu impatient. Je me sentais prêt, mais ils me faisaient attendre un peu pour rien. À ce moment, je n’étais pas rémunéré, alors je suis sorti de ma retraite pour les obliger à prendre une décision. S’ils voulaient me garder, ils devaient me trouver une place, sinon je voulais qu’ils me laissent aller. Comme ils jugeaient que je n’étais pas prêt, on a pris des chemins différents», a-t-il expliqué.

Un diplôme utile

Le moment était mal choisi. Beaulieu-Richard n’était plus payé par les Alouettes et il venait d’acheter une maison. Heureusement, il a pu se trouver un boulot comme pharmacien, lui qui est diplômé de l’Université de Montréal.

«J’aurais pu me trouver dans un gouffre financier, avec l’hypothèque. Mais le fait d’avoir étudié dans un domaine tout en aspirant à jouer chez les professionnels facilite la vie dans les moments les plus difficiles», a-t-il noté.

Maintenant qu’il s’est trouvé un boulot avec le Rouge et Noir, Beaulieu-Richard a mis de côté les prescriptions pour un moment. Il ne sait pas encore où et quand il reprendra du service et souligne au passage que les heures disponibles sont malheureusement un peu plus rares en raison des nouvelles lois.

Pas de rancune

Beaulieu-Richard n’entretient pas de rancune envers les Alouettes, car ce sont eux qui lui ont permis de revêtir l’uniforme qu’il a admiré en grandissant.

«J’ai appris assez rapidement que dans ce monde-là, c’est de la business. Il ne faut pas prendre ça personnel. J’aurais aimé que ça finisse mieux, mais je suis maintenant à Ottawa et ça va bien. La vie continue et j’ai tourné la page», a-t-il indiqué.

C’est par ailleurs grâce à son ancien entraîneur chez les Carabins, Danny Maciocia, que le joueur s’est retrouvé dans la capitale canadienne. Grand ami du directeur général Marcel Desjardins, Maciocia a pu savoir que le Rouge et Noir avait de la place pour le secondeur. Jusqu’à maintenant, l’expérience est concluante.

«J’ai ressenti un esprit de famille dès mon arrivée. Je savais aussi que je pouvais les aider dans les unités spéciales et c’est ce que je fais depuis quelques semaines. Et de me retrouver à la Coupe Grey, c’est la cerise sur le sundae!» a affirmé le Trifluvien.