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Des restes humains enterrés de nouveau... plus de 200 ans après le décès

Des restes humains enterrés de nouveau... plus de 200 ans après le décès
Courtoisie Cimetière Mount Hermon

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Environ quinze ans après leur découverte, les restes de quelque 204 personnes décédées entre 1772 et 1848, inhumées au cimetière Saint-Matthew sur la rue Saint-Jean, ont été remis en terre au début du mois, au cimetière Mount Hermon, à Sillery.

La réinhumation des corps, dont la majorité ont été découverts à la fin des années 90, s’est déroulée le vendredi 6 novembre dernier, lors d’une cérémonie toute spéciale, nous apprend le journal Le Fil de l’Université Laval.

Les restes des 204 défunts, dont certains sont vieux de près de 250 ans, ont été enterrés dans 80 petits cercueils de bois.

Déterrés pendant des travaux

Ces squelettes avaient été découverts à la fin des années 90 et au début des années 2000, quand la Ville de Québec s’affairait à réaliser des travaux de réfection de l’église protestante Saint-Matthew – désormais transformée en bibliothèque -, située sur la rue Saint-Jean, dans le Vieux-Québec.

Des restes humains enterrés de nouveau... plus de 200 ans après le décès
Courtoisie

De nombreux squelettes avaient notamment été trouvés près du mur sud du bâtiment, explique Réginal Auger, archéologue et professeur au Département des sciences historiques. Rappelons qu’à l’époque, plus de 6000 corps ont été inhumés les uns par-dessus les autres dans ce cimetière, le plus vieux cimetière protestant de la Vieille Capitale.

Des ossements précieux

Au tournant des années 2000, le ministère de la Culture souhaitait que les ossements retrouvés soient rapidement inhumés de nouveau. Mais devant la richesse que ces derniers représentaient pour la recherche en bioarchéologie, ils ont plutôt été conservés dans des laboratoires appartenant à M. Auger et à un collègue.

Des restes humains enterrés de nouveau... plus de 200 ans après le décès
Courtoisie Cimetière Mount Hermon

De nombreux travaux de recherche ont ainsi pu être réalisés grâce à ces restes humains depuis 2005. La communauté anglicane de Québec avait donné son approbation, à condition que les ossements soient remis en terre d’ici 2015.

Selon le professeur Auger, l’une des recherches réalisées par une étudiante à la maîtrise, qui a étudié 55 squelettes, a permis de démontrer que les personnes décédées souffraient de différentes maladies carentielles ou infectieuses.

Également, selon ce que M. Auger a indiqué au Fil, environ 70% des gens avaient entre 18 et 35 ans.

Les analyses ont notamment été possibles grâce à l’utilisation de la tomodensitométrie. «Ça nous a permis de créer une base de données en scannant les ossements en 3D, ce qui fait que nous avons une base de données virtuelle, durable», mentionne M. Auger.

Une journée pour le public

Les curieux souhaitant en savoir davantage sur les résultats des recherches peuvent assister le vendredi 4 décembre, entre 10h et 16h, à une journée d’étude du Groupe de recherche en archéométrie de l'Université Laval consacrée à la question (salle 320 du Laboratoire d'archéologie de l'Université Laval, située au 3, rue de la Vieille-Université, dans le Vieux-Québec).

Les présentations, vulgarisées, s’adresseront au grand public, précise-t-on.