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Postes en informatique : la folie pour devenir fonctionnaire

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux
photo d’archives, simon clark Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux

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Contre toute attente, le gouvernement a reçu dix fois plus de candidatures que le nombre de postes à combler afin de dénicher de nouveaux fonctionnaires pour travailler en informatique.

Il y a un mois, Québec a annoncé un blitz de trois semaines afin de recruter 500 nouveaux informaticiens à l’interne. Les candidats pouvaient postuler jusqu’au 20 novembre.

L’an dernier, Québec a déboursé près de 1 milliard $ pour payer les consultants privés en informatique, ce qui correspond à près de 150 $ par citoyen. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, veut réduire ces coûts et surtout s’assurer que ce soit la province qui contrôle ses projets informatiques. C’est pourquoi il voulait 500 nouveaux informaticiens à l’interne. Selon nos informations, Québec pourrait lancer d’autres recrutements massifs de la sorte en informatique.

Plusieurs dirigeants dans le privé doutaient que Québec soit en mesure d’attirer 500 candidats avec un peu d’expérience. La CAQ se demandait notamment combien de candidats avec plus de cinq ans d’expérience allaient se présenter et craignait qu’on se retrouve surtout avec des finissants de l’université. Du côté syndical, on se demandait si le gouvernement allait réussi à attirer beaucoup de candidats en raison de l’écart de salaire entre le privé et la fonction publique.

Finalement, personne ne devait autant s’inquiéter, puisque des milliers de personnes veulent se joindre à la fonction publique.

Québec a reçu 5286 candidatures, selon les données compilées par le Conseil du trésor. De ce nombre, 2286 (43 %) ont plus de dix ans d’expérience. Les chiffres en détail se retrouvent à la fin du texte.

Une alarme

Certes, l’embauche massive au public pourra aider le Québec à rebâtir son expertise. Mais la popularité de ce recrutement sonne une alarme. C’est devenu un secret de polichinelle. Au privé, ça ne va pas très bien.

Chassés du gouvernement, à coup de centaines, les consultants privés ne retrouvent plus la même stabilité dans les firmes à Québec. Auparavant, quand un consultant se retrouvait entre deux mandats, la firme avait souvent les moyens de la garder «sur le banc» et de continuer le payer en attendant de le placer ailleurs.

Pour plusieurs firmes, cette époque est révolue à Québec. Si le consultant ne peut pas être placé ailleurs après un mandat, il tombe sur le chômage. Cette réalité devenait difficile à supporter pour plusieurs informaticiens d’expérience. C’est pourquoi un bon nombre de consultants se sont précipités pour rejoindre la stabilité que le gouvernement peut offrir, même si le salaire est souvent inférieur dans la fonction publique.

Voici les chiffres :

Total de candidatures reçues : 5286

Expérience :

  • Aucune : 11 %
  • Moins d’un an : 5 %
  • 1 an : 3 %
  • 2 ans : 5 %
  • 3 ans : 5 %
  • 4 ans : 4 %
  • 5 ans : 7 %
  • 6 ans : 4 %
  • 7 ans : 4 %
  • 8 ans : 4 %
  • 9 ans : 3 %
  • 10 ans ou plus : 43 %

 

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