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Rapport assommoir de la vérificatrice générale du Québec

Des firmes d’informatique ont préparé des appels d’offres qu’elles ont remportés

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Des ministères et organismes n’ont encore rien compris. Ils ont confié à des firmes d’informatique le soin de préparer des appels d’offres pour des contrats qu’elles ont remportés.

Cela fait partie du summum des pratiques proscrites par le gouvernement, mais c’est pourtant ce qu’ont fait Revenu Québec et deux ministères.

C’est l’un des nombreux constats du rapport coup-de-poing que déposera vendredi la vérificatrice générale du Québec (VG), Guylaine Leclerc, a appris notre Bureau d’enquête.

La VG consacre une grande partie de son rapport à la gestion informatique après des vérifications de plusieurs mois encouragées par le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, qui cherche toujours d’où provient la poussière pour son ménage en informatique.

Au total, 27 contrats totalisant près de 300 M$ ont été évalués. Plusieurs conclusions sont cinglantes contre plusieurs directions informatiques de l’appareil public.

Selon nos informations, la vérification concerne au moins neuf ministères ou organismes, soit le ministère de la Santé, de l’Éducation, des Ressources naturelles, de la Justice, de la Sécurité publique, le Centre des services partagés, la CSST, Revenu Québec ainsi que le Conseil du trésor, qui chapeaute la gestion informatique.

Le trésor malmené

La VG écorche solidement le Conseil du trésor pour son encadrement déficient. Le Centre des services partagés du Québec et Revenu Québec font aussi l’objet de préoccupants constats, a-t-on su.

L’indépendance des comités de sélection, qui évaluent les appels d’offres, n’est pas toujours assurée.

La VG remarque que le Québec dépend énormément des consultants privés, qui ont coûté près de 1 G$ l’an dernier. Il y a une confusion des genres dans plusieurs ministères et organismes, alors qu’il devient difficile de savoir qui est fonctionnaire et qui est consultant externe.

Au moins deux contrats informatiques du Centre des services partagés du Québec ont été exclus de cette vérification et feront l’objet d’un rapport ultérieur.

Ce n’est pas la première fois que Revenu Québec laisse une firme remporter un appel d’offres qu’elle a en partie rédigé. En 2013, notre Bureau d’enquête a publié que l’organisme l’avait toléré à quatre reprises en deux ans avec la firme Fujitsu.