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12 mètres de son terrain partis dans la mer

Daniel Gignac craint que son cabanon parte à la mer cet hiver sur la Baie-des-Chaleurs.
Photo Nelson Sergerie Daniel Gignac craint que son cabanon parte à la mer cet hiver sur la Baie-des-Chaleurs.

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HOPE TOWN | Un Gaspésien devra bientôt déplacer son cabanon qui menace de tomber dans l’eau de la Baie-des-Chaleurs. Depuis 50 ans, il a perdu une douzaine de mètres de terrain dû aux fortes vagues et à l’érosion.

Chaque année depuis environ 15 ans, Daniel Gignac, qui réside à Hope Town, près de Chandler, voit son terrain reculer de un à trois pieds, un phénomène qui s’est accéléré avec les changements climatiques, dit-il.

Il est maintenant contraint de déplacer son cabanon, situé à deux pieds de la falaise et qui pourrait partir dans l’océan cet hiver si une violente tempête frappait son secteur.

«Je n’aurai pas d’autre choix que de le déménager l’an prochain. Je me croise les doigts pour que l’hiver ne soit pas trop difficile. Si on avait une tempête comme celle qui avait frappé en 2010, il y a des chances que le cabanon tombe en bas du cap», expli­que M. Gignac.

Un mur inutile

Un mur de ciment construit il y a 50 ans protégeait son terrain, mais il n’est plus assez efficace en raison des vagues plus fortes qui passent par-dessus.

«Mon terrain et ma maison perdent de la valeur. Je ne peux pas construire un garage. Qu’est-ce que je vais faire? Je suis prisonnier», lance-t-il.

M. Gignac a sensibilisé le conseil municipal du village et il a fait des demandes d’aide au ministère des Transports, à la Sécurité civile et aux députés. Une étude de sa situation a été réalisée en 2012 et le rapport a conclu que son terrain rapetisse.

Malgré tout, aucune action n’est entreprise puisque sa résidence principale n’est pas directement menacée.

«Il ne s’est rien passé, personne ne vient voir, même pas la municipalité. C’est comme si on m’avait abandonné», se désole M. Gignac, qui n’a pas d’argent à investir pour protéger son terrain.

Il faudrait que sa résidence principale soit à moins de 15 pieds de la falaise pour qu’il puisse recevoir de l’aide.

Protéger la 132

«J’aimerais que le gouvernement enroche le terrain pour protéger la route 132, située tout près. Si le gouvernement accepte de protéger mon terrain, il protégerait aussi la route par le fait même», analyse l’homme.

Le type de sol dans cette région n’aide pas la situation de M. Gignac.

Tout ce secteur de Hope Town était déjà sensible à l’érosion, alors que les données de chercheurs remontent à 1934. Les changements climatiques ont accéléré le problème.

«Le cycle de gel-dégel est plus fréquent. Les redoux hivernaux sont de plus en plus forts», explique Christian Fraser, professionnel de recherche au Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières, titulaire de la Chaire de recherche en géoscience côtière de l’Université du Québec à Rimouski.

Chaque fois qu’il y a un redoux, de l’eau pénètre dans le sol, qui ramollit. Il est alors plus susceptible de tomber à la mer.

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