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Il photographie les changements depuis 30 ans

Jacques Gélineau documente par la photo les changements climatiques dans l’estuaire du Saint-Laurent depuis 30 ans.
Photo Jacques Gélineau Jacques Gélineau documente par la photo les changements climatiques dans l’estuaire du Saint-Laurent depuis 30 ans.

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SEPT-ÎLES | Un passionné de photographie de la Côte-Nord documente les changements qui surviennent devant chez lui depuis 30 ans.

Jacques Gélineau remarque que les glaces qui se forment en bordure de la plage et qui agissaient autrefois comme une sorte de protection naturelle contre l’érosion sont plus minces. «Avant, en décembre, il faisait suffisamment froid pour provoquer une croûte de glace. Elle se construisait durant tout l’hiver et disparaissait vers la fin avril. Maintenant, il n’y en a presque plus, et même que certaines années, il n’y en a pas eu du tout», rapporte Jacques Gélineau.

Les hivers sur le bord du fleuve ne sont clairement plus les mêmes, selon le riverain. «En 2012 et 2013, il n’y a pas eu de glace, même pas de glace littorale, c’est vraiment plus marqué depuis les sept ou huit dernières années.»

Passionné de photographie et de la faune, Jacques Gélineau a fait l’inventaire des animaux dans le fleuve de 1997 à 2010. «J’ai arrêté parce que je dépensais trop d’essence pour mon bateau, ça me coûtait trop cher. Il n’y avait pratiquement plus d’animaux, il fallait que je me rende beaucoup plus loin pour en voir», explique-t-il.

La faune fuit

Selon Jacques Gélineau, il n’y a pratiquement plus de baleines au large du fleuve, à proximité de sa résidence de Sept-Îles. Elles étaient autrefois beaucoup plus nombreuses à y venir pour manger le capelan.

«On pouvait compter une trentaine de petits rorquals le long de la baie Sainte-Marguerite au plus fort de la saison du capelan. Aujourd’hui, il y en a cinq ou six», dit-il.

En revanche, l’absence de glace amène de plus en plus de phoques du Groenland à s’échouer sur la plage où il réside. «On en voit de plus en plus, séparés de leur mère, venir s’échouer sur les berges au printemps», affirme-t-il.

Jacques Gélineau documente par la photo les changements climatiques dans l’estuaire du Saint-Laurent depuis 30 ans.
Jacques Gélineau

Jacques Gélineau voyage souvent sur la Côte-Nord pour aller prendre des clichés des différents paysages et de l’environnement. À Longue-Pointe-de-Mingan, les fous de Bassan sont devenus nouvellement un attrait touristique, pendant qu’à l’île Bonaventure, en Gaspésie, la population se dégrade.

Les changements climatiques auraient entraîné une diminution des courants d’eau froide dans le fleuve Saint-Laurent, qui tranquillement seraient remplacés par des courants d’eau chaude. Or, les proies des fous de Bassan suivent les courants d’eau froide.

«Ils viennent se nourrir sur la Côte-Nord maintenant. Ils partent tellement loin se nourrir, qu’ils laissent les jeunes trop longtemps seuls et ça provoque une diminution de la population sur l’île Bonaventure», explique M. Gélineau.

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