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Plus de morts et de malades

Les changements climatiques pourraient balayer les gains des 50 dernières années en santé publique

Pierre Gosselin, coordonnateur du programme Ouranos.
Photo Le Journal de Québec, Stevens Leblanc Pierre Gosselin, coordonnateur du programme Ouranos.

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Crises cardiaques, problèmes pulmonaires, maladies infectieuses, dépressions, les changements climatiques ont des impacts importants sur la santé.

L’augmentation des extrêmes météorologiques se fait d’ailleurs déjà sentir au Québec, principalement dans les quartiers les plus pauvres, selon Pierre Gosselin, coordonnateur du programme de recherche en changements climatiques Ouranos-INSPQ.

«On a calculé qu’au cours d’une canicule, il y a 12 % des gens qui doivent consulter leur médecin ou leur pharmacien parce qu’ils ne se sentent pas bien.»

300 morts

Entre 1980 et 2010, le Québec a connu seulement deux épisodes de trois jours consécutifs où la température maximale a franchi 33 °C et où la température minimale était supérieure à 20 °C, soit en juillet 1987 et en juin 1994. Or, depuis 2010, il y en a eu tous les ans.

«En juillet 2010, il y a eu 300 morts de plus qu’habituellement en quatre ou cinq jours au Québec. Depuis cet épisode, on a installé des systèmes d’alerte et des mesures dans les endroits les plus à risque, comme les résidences pour personnes âgées», se réjouit le Dr Gosselin.

La chaleur extrême de 2010 ne représente toutefois qu’un petit coup de semonce, selon le Dr François Reeves, cardiologue d’intervention et auteur du livre Planète Cœur: santé cardiaque et environnement. En août 2003, la canicule avait causé 70 000 morts en Europe, dont 20 000 en France.

Maladie de Lyme

Selon le Dr Gosselin, les changements climatiques favorisent certaines maladies, dont la maladie de Lyme. Les tiques survivent maintenant à nos hivers plus doux, ce qui explique en partie la hausse des cas recensés.

Le Dr Gosselin rappelle que le Québec a connu une centaine de cas en deux ans, dont 63 en 2014. Avant 1977, cette maladie venue des États-Unis n’était même pas connue.

Le Dr Reeves souligne pour sa part que, selon les experts mondiaux, «les changements climatiques risquent de faire perdre les gains des 50 dernières années en santé publique.»

Plus de gastro

Le Dr Gosselin souligne par ailleurs que le nombre d’inondations à la hausse influe directement sur la santé des gens. «Au Québec, on a fait des études qui montrent que lorsqu’il y a des pluies torrentielles importantes, trois semaines après, on peut mesurer une augmentation de 30 à 40 % des gastroentérites.»

À long terme, les gens dont les maisons ont été inondées peuvent souffrir d’infections respiratoires, de maladie chronique ou de problèmes psychologiques, ajoute le spécialiste.

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