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Les vins de François Chartier

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Le tout a commencé par quatre vins. Quatre vins qu’a élaborés Francois Chartier pour la SAQ, donc, avec son complice bordelais, l’œnologue (et vigneron) Pascal Chatonnet.

À savoir un blanc du pays d’oc, un côtes-du-rhône, un fronsac et un toscana rosso.

Des vins conçus, selon le flash initial de François Chartier, en fonction des plats spécifiques qu’ils accompagneraient à table, grâce à des profils aromatiques sur lesquels il travaille depuis plusieurs années et dont il a livré les grands principes dans son livre Papilles et molécules, publié en 2004.

Le dernier ouvrage qu’il vient de publier, L’essentiel de Chartier, répertorie un certain nombre de pistes aromatiques des aliments, vins et boissons, afin de simplifier leurs accords à table.

Deux vins supplémentaires se sont ajoutés l’an dernier, soit un rosé et un Ribera del Duero, puis un septième, jeudi prochain, viendra compléter la gamme, un Verdejo de l’appellation Rueda, en Espagne.

Mentionnons également que quatre vins sont faits exclusivement pour la chaîne d’alimentation IGA, de même que quatre cuvées spéciales pour le Château Frontenac, lesquelles sont vendues uniquement dans les restaurants de l’hôtel, à Québec.

Tous ces vins proviennent de domaines spécifiques, dans chacune des appellations dont ils sont issus. Des équipements sont loués dans chacun de ces domaines afin d’élaborer les vins, après une sélection de cuvées provenant de parcelles préalablement identifiées par le tandem Chartier-Chatonnet.

Ces deux derniers ont fait goûter cette semaine à la presse l’ensemble de leur production commune, mis à part les vins d’IGA.

Tous ces vins en sont à leur deuxième millésime, à l’exception évidemment du Verdejo qui sera introduit la semaine prochaine.

J’oublie également le Rosé 2014, à peu près épuisé, et que les Méchants Raisins ont retenu dans leur sélection des meilleurs rosés 2014. Attendons le millésime 2015.

Voici parmi la gamme les vins que j’ai préférés.

Je ne les ai pas jugés pas en fonction des accords suggérés par Chartier, mais selon leur qualité intrinsèque.

  • Verdejo de Rueda 2014, Rueda (18,95 $ Code 12831101) : nez de moyenne intensité, mais avec des notions d’agrumes ( le verdejo a une parenté aromatique avec le sauvignon, mais il a en même temps sa personnalité propre). Très belle acidité en bouche, c’est pimpant, croquant et ça te nettoie parfaitement le palais. Le vin a été fait uniquement en cuves inox. (15/20)
  • Côtes-du-Rhône 2012 (20,00 $ Code 12068096) : fait avec 55% de grenache, 35% syrah et 15% mourvèdre au Domaine Jaume, à Vinsobres ; c’est un beau côtes-du-rhône bien en fruit, un fruit qui a un certain éclat et qui s’exprime généreusement, tout en restant étonnamment frais, après trois ans de bouteille. (15,5/20)
  • Fronsac 2011 (20,00 $ Code 12068070) : le nez est encore retenu, mais la bouche est bien pourvue en fruit, équilibrée, élégante, avec ces tannins fermes qui sont en quelque sorte la signature du terroir de Fronsac. C’est le seul vin de la gamme à provenir de deux domaines différents. C’est à mon sens le meilleur vin de la gamme Chartier à la SAQ (et aussi le meilleur rapport qualité-prix de tous ses vins). Mieux, c’est un très bon rapport qualité-prix tout court. (16/20)
  • Ribera del Duero 2013 (20,00 $ Code 12246622) : notes de tabac et de pruneaux au nez ; bouche vineuse, mais fraîche, une certaine rusticité paysanne qui en souligne l’authenticité, le vin a une personnalité indéniable. Il est fait avec des vielles vignes de tempranillo. Il a passé 10 mois en barriques, dont 25 % de neuves, tandis que 25% étaient constitués de barriques américaines d’un et deux vins. (15,5/20)

 

Cuvées Frontenac Prestige

 

Pour ce qui est des cuvées spéciales élaborées pour le Château Frontenac, elles ne sont uniquement disponibles, comme je le disais, que dans les restaurants de l’hôtel, à Québec.

Et commande donc un prix en conséquence sur la carte des vins, c’est-à-dire élevé, (entre 60$ et 70 $). Des quatre cuvées, je retiens celle-ci :

  • Cuvée Frontenac Prestige 2012 Lalande-de-Pomerol (70,00 $) : élevage de grand soin, stylé et élégant (85% merlot et 15% cabernet franc), ce vin n’a certainement pas à rougir aux côtés des autres bordeaux situés dans cette gamme de prix. Un vin particulièrement réussi.

 

IGA

 

Quant aux quatre vins élaborés pour le groupe Sobeys-IGA, ce sont des vins qui ont été importés en vrac et embouteillés au Québec, comme le veut cette loi stupide des vins pour les épiceries.

Avec le même illogisme, cette loi interdit de mentionner les noms des cépages sur l’étiquette.

À l’heure où le monde entier vote des lois pour identifier obligatoirement tous les ingrédients qui entrent dans la composition des boissons et aliments et exige plus de transparence pour l’étiquetage en général, cette loi pousse l’imbécillité à interdire de nommer les cépages qui entre dans la composition d’un vin.

Bon, je vais me calmer le pompon, ce n’est pas bon pour le cœur.

Heureusement, on trouve tous les détails techniques de ces vins sur le site de François Chartier, y compris évidemment le nom des cépages.

Bref, dans ces vins vendus chez IGA, des vins qui ne sont pas millésimés, j’ai retenu :

  • La Pêche Mignonne (16,99 $) fait de 40% chardonnay, 40% grenache, 10% rolle, 5% rousanne et 5% marsanne. Correct avec ces notions de fleurs et de notes balsamiques. (13,5/20).
  • Le Clou de Basile (18,99 $) : fait principalement de sangiovese, avec un peu de merlot et de cabernet, on sent un brin de torréfaction et de fines herbes au nez. La bouche est vineuse (un peu d’alcool) et les tannins du sangiovese sont bien présents. Rustique, voire un peu dur. (13/20)
  • L’Épicé Noir (17,99 $): fait avec des vieilles vignes de grenache ; moyennement corsé, notes de pruneaux et un rien de petits fruits à l’eau-de-vie, le vin a une certaine mâche, il a du volume et emplit bien la bouche. (13,5/20)